Le long chemin vers un média indépendant

Jéromine a ouvert le chemin en créant il y a deux ans une page Facebook qu’elle a baptisée Parallèle Sud. Elle a défriché le terrain en publiant ses premiers posts sur les initiatives citoyennes.

Julien et Franck l’ont rejointe, conscients que la concrétisation d’un tel projet ne peut qu’être le fruit d’une aventure collective.

C’est l’histoire que nous vous racontons ici.

Jéromine en live.
Julien et Franck lors de la manifestation contre la loi sécurité à Saint-Paul.
L’équipe rejointe par Chakila Yssouf, réalisatrice du Journal des associations (JDA).

Nous en discutions depuis plus d’un an. Nous partagions les mêmes indignations face au clientélisme ambiant, aux compromis économiques au sein des médias à La Réunion et à la dégradation des libertés au niveau national.

Au mois de mars, nous frappons aux portes de la Chambre de commerce et d’industrie et à celles de l’ordre des experts-comptables pour nous informer sur la création d’une entreprise de presse. Le modèle recherché, celui d’une coopérative dans laquelle chaque salarié a une voix égale, ne se décrète pas d’un claquement de doigt. D’autant plus qu’il est hors de question de s’en remettre à un investisseur. Nous préférons partir de zéro avec comme seule richesse, notre force de travail, notre volonté… et les allocations de Pôle Emploi pour démarrer.

Une association loi 1901

Au fil de rencontres avec quelques agents de développement économique et autres conseillers informels, nous nous rapprochons de plusieurs Coopératives d’activité et d’emploi (CAE), afin d’y développer notre média dans un cadre sécurisant. Assurances, fiscalité, comptabilité, responsabilité juridique… Le montage s’avère plus complexe que prévu et il apparaît vite que la responsabilité éditoriale du média exige une structure 100% indépendante.

Nous optons donc pour la création d’une association type loi 1901 à but non lucratif. Rédaction des statuts, assemblée constitutive le 28 juin, inscription en ligne. Merci aux quelques amis qui nous ont conseillés et aidés. Le 6 juillet dernier, le Journal Officiel publie notre création !

Un réseau de faiseurs de changement

Parallèlement à ce « parcours du statut », nous échangeons beaucoup avec des femmes et des hommes en quête de sens : des militants culturels, des fonctionnaires critiques, des manifestants, des journalistes et artistes en recherche de liberté, des syndicalistes, des agriculteurs indépendants. Quoi faire ensemble ? Réfléchir, échanger et agir… ce qui nous amène à poursuivre les échanges dans des « ronkozé », des conférences, des débats.

On nous voit donc aux Zazalé, à Luniversité Maron et dans le vaisseau Isopolis, ce projet de transformation de la société réunionnaise.

Adhérents du Spiil (Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne), nous commençons à tisser un réseau avec des sites dans lesquels nous nous reconnaissons : Médiapart, La Relève et la Peste, Reporterre, Guyaweb, Tahiti Pacifique Magazine, Lundi matin, etc.

L’apprentissage de nouvelles techniques

Concrètement, en avril, nous sollicitons des graphistes et développeurs pour nous aider à construire un site internet simple, épuré, fonctionnel, élégant… Nous élaborons notre identité visuelle et sommes très fiers de notre logo. On apprend.

Nous sommes sortis de notre zone de confort pour nous former. Nous arrivons de la presse écrite mais sommes conscients que notre propos journalistique doit se décliner en multimédia pour toucher le plus large public possible. Nous avons acheté un peu de matériel pour être à la hauteur de vos attentes.

Ceux parmi vous, qui ont suivi notre page Facebook, ont assisté au jour le jour à nos expérimentations : des directs, le suivi du procès de Didier Robert, minute par minute, une exploration dans le tunnel de la Grande-Chaloupe, des vidéos, des photos…

Nous sommes aujourd’hui trop engagés pour reculer. Nous continuerons à vous raconter cette aventure, en toute transparence à travers notre newsletter hebdomadaire. N’hésitez pas à nous solliciter !