L’interview de Nans Gourgousse
A la fin d’une longue journée consacrée à l’animation de l’Académie Komidi (formation mise en place par Komidi pour accompagner les créateurs locaux et leur permettre de rencontrer des artistes métropolitains), Nans Gourgousse a accepté de répondre à quelques questions
L’écriture de cette pièce a sans doute un rapport avec l’actualité du moment ou de ces dernières années ?
Nans Gourgousse : « De ces dernières années, c’est clair. Je suis quelqu’un d’engagé. J’aime bien faire des choses sur des thèmes qui me sont chers : la liberté, la démocratie, le pouvoir, l’écologie ou le féminisme. Ce sont des thèmes qu’il faut aborder pour rendre chacun à son échelle le monde meilleur. Le thème du pouvoir, j’ai eu cette idée il y a plusieurs années […] Il y a de plus en plus un autoritarisme rampant. Amnesty International a montré dans une étude comment les libertés sont progressivement reniées dans le monde avec la montée de l’extrême droite, une oppression qui progresse … Avec cette pièce, j’ai voulu montrer comment devenir un dictateur avec l’humour noir, le second degré, mais pas que. Le dictateur c’est un peu le fil rouge et différents personnages interviennent : Staline, Mobutu, mais aussi le citoyen affecté par la peur ».
Cette « formation », vous l’avez construite comment ?
N.G. : « Avant d’être comédien et auteur, j’ai d’abord été journaliste. J’ai lu beaucoup de bouquins, et regardé beaucoup de films et de documentaires sur les dictateurs. L’idée d’écrire une sorte de méthode pour devenir dictateur, elle vient de là. Avec ce fil rouge du dictateur qui gouverne par la force, par la peur, par la manipulation. J’ai fait des résidences d’écriture, je regardais des films et documentaires le soir. L’écriture a commencé il y a environ deux ans lors d’une résidence à Salazie avec la compagnie Lolita Manga. »
Votre pièce date de l’an passé, vous l’avez jouée plusieurs fois, d’autres dates sont prévues, ici, en métropole ?
N.G. : « On a fait la première le 5 Octobre 2023 au Séchoir (Saint-Leu). On a joué trois dates au Séchoir, deux à Lespas (Saint-Paul), trois au Kabardok (Le Port), deux à Lucet Langenier (Saint-Pierre), toujours complets. Et puis on joue le 23 à la Cité des Arts (Saint-Denis) puis le 29 à Vincendo dans le cadre de Komidi. Ensuite on va préparer la saison 2024-2025. On fait le 23 une captation de la pièce pour pouvoir aussi la proposer en métropole ».
Un petit mot sur votre parcours ?
N.G. : « J’ai donc d’abord été journaliste. Ca fait une dizaine d’années que je suis comédien. J’ai suivi une formation à l’école de théâtre Lucernaire à Paris. Ca m’a donné les bases du théâtre, j’ai continué bien sûr à me former, on se forme pendant toute sa carrière ! J’ai fait de la figuration, j’ai fait des silhouettes, j’ai joué dans des pièces évidemment, la première c’était le Dindon de Feydeau, des pièces contemporaines… En tant qu’auteur j’ai écrit Hier, aujourd’hui, demain, qui est devenu le nom de la compagnie. J’ai été aussi directeur de casting d’OPJ 974 saisons 4 et 5, j’ai joué dans la saison 3 et la saison 5, j’ai aussi joué dans Camping Paradis, le film Furcy qui a été tourné en Mars. Et puis en juillet je vais jouer dans un court métrage Tord Ball de Beryl Coutat où j’aurai pour la première fois le rôle principal ».
Vous avez d’autres projets en cours ?
N.G. : « Oui, avec ma compagnie d’abord une adaptation de Germinal de Zola, mise en scène par Camille Kokski. C’est un projet auquel Camille pense depuis des années et qui nous tient vraiment à cœur. Elle commence à lancer les résidences les financements, … Et de mon côté je m’intéresse pas mal à tout ce qui est technologies, humanité, intelligence artificielle, on verra ».
Propos recueillis par D.B.