Dans le cadre de la préparation du budget de l’État et de la rentrée scolaire 2026, l’annonce de 90 suppressions de postes d’enseignants à La Réunion ,parmi les 4000 à l’échelle nationale, provoque l’indignation des syndicats. Le comité social d’administration académique se réunira le 5 février avec les représentants syndicaux, à l’issue duquel le Recteur Rostane Mehdi prendra la parole publiquement pour présenter ces nouvelles mesures.
« Il va y avoir un comité social d’administration (CSA) académique le 5 Février. À la suite de cette réunion avec les représentants des syndicats, Monsieur le Recteur prendra la parole. » C’est ce que le rectorat a déclaré récemment suite à l’annonce jugée « inacceptable » par le parti PLR (Pour La Réunion) de supprimer 90 postes d’enseignants sur l’île. Cette nouvelle arrive dans le cadre de la préparation du budget de l’État et de la présentation des moyens humains lors du Comité social d’administration ministériel (CSAMEN) de janvier 2026. L’objectif de cette action est de contribuer à un effort global pour réduire les dépenses publiques, et serait également justifié sur le plan national par la baisse de la croissance démographique et donc une diminution des effectifs scolaires.
«Que doit-on attendre de cette réunion le 5 février ? », c’est la question que nous avons posée au rectorat. Ils ont répondu qu’ils ne communiqueront qu’à l’issue de celle-ci, et que « ce CSA a pour objectif de présenter la déclinaison des mesures arrêtées au CSA ministériel en collège et lycée. C’est un temps d’échanges et d’explications sur les critères de répartition des moyens. »
Du côté des syndicats, les réactions sont unanimes face à ces suppressions de postes. Pour rappel, il s’agit de 25 enseignants dans le premier degré et 65 dans le second degré. Le SNES-FSU explique à travers un communiqué que « ces suppressions pourraient se traduire par une augmentation des effectifs par classe, une réduction des dispositifs d’aide et une dégradation des conditions de travail des personnels » et rappelle aussi que la situation actuelle ne permet pas de telles suppressions. « La Réunion a déjà un taux de décrochage scolaire supérieur à la moyenne nationale et supprimer des postes pourrait empirer la situation. »
Contacté par téléphone, Jonathan Selambarom, le secrétaire général de la CFDT de la branche éducation nationale affirme qu’il sera présent pour la réunion du 5 février prochain, aux côtés notamment de Guillaume Lefèvre pour le syndicat SNALC. « On va déplorer la perte de 90 postes. Toute perte n’est pas bonne à prendre, on demande que les moyens soient maintenus. En effet, le service statistique du rectorat nous a informé d’une baisse qui était attendue, 1400 élèves il me semble, mais on soutient l’idée qu’on ne peut pas relier la baisse d’élèves à la baisse de moyens humains, surtout sur un département montrant des difficultés. Aussi, on ne peut pas s’organiser uniquement année par année, il faut une projection des moyens pluriannuels. Aussi bien pour éviter une pression sur les équipes pédagogiques que sur le personnel du rectorat. »
Face à l’annonce, le député Philippe Naillet, la maire de Saint-Denis Ericka Bareigts ainsi que le parti Pour La Réunion (PLR) ont également réagi pour dénoncer cette décision.
Sur le terrain, cet ajustement des moyens suscite des interrogations. C’est le cas d’une professeure des écoles dans l’Est de l’île qui a accepté de témoigner : « On peut entendre qu’il faut aller chercher de l’argent partout et que s’il y a moins d’enfants en classe, on peut avoir moins d’enseignants. Cependant, ça aurait pu être l’occasion d’alléger les classes sans pour autant augmenter les moyens, ce qui permettrait des conditions plus favorables pour l’apprentissage des élèves. »
Mécaniquement, car moins de postes susceptibles au mouvement, cette suppression des moyens humains impactera également les enseignants réunionnais qui demandent leur mutation pour rentrer au pays dans un climat déjà houleux sur la préférence régionale à La Réunion.
Etienne Satre




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