Sur la commune de Saint-Leu, ce premier dimanche électoral des élections municipales place l’ancien député-maire Thierry Robert en tête avec 44,04 % des voix. Le maire sortant Bruno Domen est en deuxième position avec 22,43 %, contre 16,54 % pour Karim Juhoor. Vote par soutien ou par dépit, qualité des débats et des candidats, réelles problématiques pour la ville : nous avons tendu notre micro aux votants de la première heure.
Il est 8 h sur le parvis de l’hôtel de ville à Saint-Leu. Le soleil tape déjà fort, mais la file n’est pas trop longue pour celles et ceux qui ont souhaité venir tôt. À l’issue de la première journée d’élections, sur les 30 711 inscrit·e·s, 19 045 électeurs ont fait le déplacement pour mettre leur bulletin dans l’urne. Sur l’ensemble de ces votants, 97,14 % ont donné leur voix à un candidat, 0,85 % ont voté blanc et 1,37 % ont voté nul.
Depuis son ouverture, Marie tient le bureau de vote. Derrière la pile d’enveloppes et de bulletins, elle s’assure du bon déroulement de la procédure électorale et n’hésite pas à nous donner son avis personnel sur ces élections municipales 2026.


« Les gens ne réfléchissent pas, ils regardent trop Facebook, les médias. Il faut vraiment voir ce que vaut la personne. Et quand on voit quelqu’un avec des casseroles comme ça, il faut réfléchir, il faudrait même l’interdire de se présenter. Ces gens-là vont défendre quoi ? Leurs poches. Et quand on voit certaines personnes suivre ce candidat, ça craint pour l’avenir », dit-elle avec consternation.
À la sortie du bureau de vote, nous interrogeons quelques électeurs. Parmi eux, Ludivine, Christine et Julian. Ce dernier raconte :
« C’est un vote extrêmement important pour les six années à venir, puisque là on sort d’une mandature fantôme. Donc j’ai décidé de faire mon choix en tant que citoyen. »
Un vote par choix ou par dépit ?
À cette question, les réponses divergent. Pour la septuagénaire Christine, ce sera un vote par dépit. Pour Julian et Ludivine, le choix est différent. « J’ai voté par choix, parce qu’il faut du changement à Saint-Leu. Il faut qu’on puisse donner la voix aux jeunes pour que l’on puisse changer ce qui est en place actuellement. »

En parlant de jeunesse, Marie, volontaire au bureau de vote, confie l’importance de ce critère dans son propre choix pour la commune. « Il y a deux jeunes qui arrivent sur la place publique, c’est à eux de prendre la place, plus aux anciens. »
Julian, lui, a fait son choix dès le départ en regardant les programmes.
Des débats « rigolos », mais pas toujours constructifs
Les débats auront au moins permis à Ludivine d’affirmer son choix. « Je pense que cette personne est capable d’amener du changement et de redonner vie à Saint-Leu. »
Pour Christine, « certains enjeux étaient soulevés, au niveau du logement, de l’environnement, pour la protection des plages et du lagon, sur le plan social avec les écoles, la jeunesse, le sport, etc. Encore faut-il que les candidat·e·s tiennent leurs promesses », déclare-t-elle, le sourire en coin.
Le foncier, le manque de logements, les occupants n’ayant pas de titres de propriété, la propreté, la jeunesse, l’accès à l’emploi, l’animation du territoire et les gramouns : telles sont les priorités pour Saint-Leu selon ces trois votants.


Si la jeunesse revient beaucoup dans les discussions, elle représentait 37,8 % de la population selon les chiffres de l’INSEE de 2022. À l’époque, Saint-Leu recensait 35 597 habitants, contre un peu plus de 36 000 habitants aujourd’hui.
Ce dimanche matin, quelques jeunes font leur apparition, mais ne représentent qu’une minorité dans la file. Peut-être l’heure matinale y est-elle pour quelque chose ? Dimanche prochain, lors du deuxième tour des municipales, les trois candidats du trio de tête se disputeront de nouveau les urnes et le sort de la mairie de Saint-Leu sera scellé pour les six prochaines années.
Sarah Cortier

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