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La loi anti fast-fashion sera bientôt promulgée

KWAFÉ ZORDI !

Il reste encore une étape avant que la loi anti fast fashion ne soit définitivement promulguée. Aujourd’hui, jeudi 18 juin, les députés et les sénateurs ont trouvé un accord en CMP (Commission mixte paritaire). Mais alors que l’empreinte environnementale et sociale désastreuse de cette industrie n’est plus à prouver, les contraintes posées par le texte législatif sont revues à la baisse.

De quelle loi parlons-nous ? Cette loi s’attaque à l’industrie de la fast fashion et de l’ultra-fast fashion. Une industrie reposant sur un fonctionnement simple : produire le plus possible, le plus rapidement possible, et au coût le plus faible possible. Aujourd’hui pointée du doigt pour son impact environnemental et social, cette production textile est passée sur le devant de la scène législative.

Un parcours chaotique et un encadrement amoindri

Mais l’histoire remonte à plus longtemps. Il y a deux ans déjà, le parcours législatif de cette loi commençait avec une première adoption par l’Assemblée nationale en mars 2024, puis par le Sénat en juin 2025. En cours de route, sous l’influence des lobbies du textile, les objectifs ont été revus à la baisse. Peu étonnant, compte tenu des sommes astronomiques que génère la fast fashion. Certaines associations environnementales reprochent aujourd’hui au gouvernement d’avoir, encore une fois, cédé sous le poids des pressions financières, au détriment, toujours, de l’environnement et des humains qui l’habitent.

« Jamais autant de vêtements neufs n’ont été mis sur le marché. Chaque année, plus de 100 milliards de vêtements sont vendus dans le monde. Ce texte a pour but de limiter le phénomène de la mode express et de limiter l’augmentation des volumes mis sur le marché, ainsi que les externalités négatives de ces modes de production et de consommation », peut-on lire sur le site du Sénat. Mais comment ?

De belles promesses mais……

En théorie, avant la promulgation officielle de la loi, celle-ci interdira la publicité pour les entreprises et les produits relevant de la mode éphémère, instaurera un système de bonus-malus environnemental pour les entreprises de fast fashion et renforcera la sensibilisation des consommateurs à l’impact environnemental et social de cette industrie, ainsi qu’aux possibilités de réparation et de réemploi.

Ceci étant dit, la portée du texte a été amoindrie, selon l’association Zero Waste. « On note une réécriture des critères de pénalisation, qui ne sont plus basés sur le coefficient de durabilité de l’Ademe mais uniquement sur la largeur de gamme et l’indice de réparabilité ; l’introduction de critères cumulatifs risque de réduire le champ d’application des pénalités au point d’ouvrir la voie à des contournements de la loi, même pour les géants de l’ultra-fast fashion… »

À La Réunion, il y a quelques mois, nous aussi, nous avions posé notre loupe sur l’industrie textile, mais pas sur n’importe quelle filière : celle de la seconde main. Ce marché en pleine expansion attire de plus en plus de consommateurs et offre une alternative que nous avons analysée sous le prisme de son empreinte environnementale, mais pas seulement. Plusieurs créateurs réunionnais passionnés par la seconde main nous avaient partagé leurs parcours, leurs rêves et leurs perspectives d’évolution dans un marché pourtant confronté à de nombreux freins. C’est aussi à la rencontre des friperies que nous avions été. D’ou viennent les vêtements, quelle est la démarche derrière ces nouvelles boutiques , quelle est leur clientèle? Réponse dans nos articles.

Sarah Cortier

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A propos de l'auteur

Sarah Cortier

Journaliste issue d’une formation de sciences politiques appliquées à la transition écologique, Sarah est persuadée que le journalisme est un moyen de créer de nouveaux récits. Elle a rejoint l'équipe de Parallèle Sud pour participer à ce travail journalistique engagé et porter de nouveaux regards sur le monde.

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