KWAFÉ ZORDI !
La diminution des contrats Parcours emploi compétences (PEC) contraint les communes réunionnaises à revoir leur organisation et à mobiliser leurs propres moyens. À Saint-Joseph comme au Port, les municipalités alertent sur les conséquences de cette baisse pour les écoles, mais aussi pour les services de proximité.
À Saint-Joseph, les écoles en priorité
La rentrée scolaire met en lumière les conséquences de la réduction des contrats Parcours emploi compétences (PEC) dans les communes réunionnaises. À Saint-Joseph, 4 322 élèves ont fait leur rentrée ce mardi contre 4 459 l’année scolaire précédente et 4 992 en 2015. La commune disposait de 400 PEC en 2025, contre seulement 32 annoncés pour 2026, soit une baisse de plus de 90 %. L’an dernier, environ 449 agents intervenaient dans les écoles et la restauration scolaire, dont 271 en PEC. Ils sont désormais 364.
Pour préserver les conditions d’accueil malgré la baisse du nombre d’élèves, la Ville a donc recruté 145 agents en CDD sur ses fonds propres, pour un coût estimé à 670 000 euros entre août et décembre. Sur une année pleine, cet effort pourrait atteindre 1,6 million d’euros en 2027. La municipalité entend ainsi maintenir « l’accueil des enfants, le fonctionnement des écoles et la restauration scolaire ».
Cette réorganisation a toutefois des conséquences pour les familles. La garderie, qui accueillait 568 enfants les mercredis périscolaires, fréquentés par environ 340 enfants, et les centres de loisirs, qui accueillaient près de 740 enfants lors des vacances de mars et d’octobre, ne peuvent pas être reconduits dans les mêmes conditions. L’École municipale des sports est également fermée à compter de cette rentrée dans l’attente de trouver des solutions avec les associations locales.
Au Port, l’environnement directement touché
Au Port, la baisse est moins brutale mais produit elle aussi des effets importants. Dans les écoles, le nombre de PEC est passé de 110 agents à la rentrée 2025 à 65 cette année. Pour compenser, la Ville a recruté 65 agents et mobilisé 11 agents des moyens généraux, pour un coût de 660 000 euros.
Mais la collectivité souligne que cet effort ne peut être reproduit dans l’ensemble de ses services. Fin 2025, 80 PEC étaient encore mobilisés dans les services liés à l’environnement. Ils ne sont plus que 30 aujourd’hui et aucun renouvellement n’est prévu : « il n’y en aura plus aucun en novembre prochain », peut-on lire dans le communiqué de la ville du lundi 17 août. Les effectifs du service environnement ont ainsi diminué de 30 à 40 %, avec des conséquences notamment sur l’entretien des Berges et du Parc Boisé.
La ville du Port estime que « moins de moyens humains, c’est moins de capacité à entretenir les espaces publics au même niveau ». La baisse intervient alors que les besoins doivent augmenter avec la reprise de la végétation et l’arrivée de la période d’arrosage.
Des choix qui pèsent sur les communes
À Saint-Joseph comme au Port, les municipalités disent donc avoir choisi de concentrer leurs moyens sur les missions jugées prioritaires. À Saint-Joseph, la commune poursuit parallèlement près de 2,5 millions d’euros de travaux dans les écoles d’ici la fin de l’année. Au Port, le Département a accompagné la collectivité à travers des contrats d’accès à l’emploi (CAOM).
Les deux communes alertent néanmoins sur les limites de ces solutions. Saint-Joseph affirme vouloir « faire en sorte que les familles subissent le moins possible les conséquences de décisions qui ne relèvent pas de la commune ». Au Port, la municipalité rappelle avoir alerté dès mai sur les risques pour la continuité du service public et l’équilibre financier de la collectivité.
Derrière la question des PEC, c’est donc la capacité des communes à maintenir leurs services de proximité qui se trouve directement posée.
Olivier Ceccaldi



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