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Eau potable en Outre-mer : la résolution « hypocrite » du RN rejetée

KWAFÉ ZORDI !

Jeudi 8 octobre, l’Assemblée nationale a rejeté une résolution du Rassemblement national sur l’eau potable dans les Outre-mer. Selon le député réunionnais Jean-Hugues Ratenon, 160 députés ont voté contre. Avec Perceval Gaillard, lui aussi député de La Réunion et membre de La France insoumise (LFI), il dénonce un texte « hypocrite » qui ne change rien pour les familles privées d’eau.

Le jeudi 8 octobre, l’ordre du jour de l’assemblée était réservé aux textes du parti d’extrême droite, le RN. À l’occasion de cette niche parlementaire, le parti avait choisi de présenter un texte sur l’eau potable dans les territoires ultramarins, finalement rejeté par une majorité absolue des suffrages exprimés de 160 contre 156 votes pour. La proposition de résolution avait été déposée le 8 septembre 2026 par Anchya Bamana, députée RN de Mayotte, et signée par les autres députés du groupe, dont Marine Le Pen. Présents lors de cette séance, les deux députés réunionnais de La France insoumise, Perceval Gaillard et Jean-Hugues Ratenon, ont diffusé chacun un communiqué pour expliquer leur vote contre cette proposition de résolution.

La proposition de résolution

La proposition d’Anchya Bamana pointait du doigt les réelles difficultés que rencontrent les territoires ultramarins, mais surtout le sien, Mayotte, à avoir de l’eau courante toute l’année alors que dans l’Hexagone, tout roule (ou coule). Le texte souligne alors des « capacités de production ou de stockage insuffisantes, réseaux vétustes, pertes d’eau considérables, installations de traitement fragiles et exposition accrue aux crises climatiques. Leur persistance démontre que les réponses successives n’ont pas permis de garantir partout un accès continu à une eau sûre ». Sur ce point, tout le monde est d’accord. Mayotte est présentée comme le cas le plus grave, car depuis de nombreuses années ces problèmes persistent pour une plus grande partie de la population. Pour autant, le parti d’extrême droite ne donne pas de chiffres. Perceval Gaillard parle à travers son intervention d’« environ 30 % d’habitants non raccordés au réseau » et de coupures « deux jours sur trois » pour le reste de la population.

Un vote contre

Mais alors, cette thématique qui semble occuper une place centrale dans l’égalité de traitement des Français est débattue à travers une simple proposition de résolution. C’est ce que reprochent les deux députés réunionnais de LFI à la députée mahoraise du RN. Pourquoi proposer cette résolution ici, qui sert simplement à exprimer l’avis ou le souhait de l’assemblée ? Pour rappel, même si le texte avait été adopté pendant ce type de séance, le gouvernement n’aurait eu aucune obligation de le suivre. Pour Jean-Hugues Ratenon, le RN fait comme s’il « découvrait le problème ». Il accuse le parti d’avoir déposé ce texte pour occuper sa niche, sans vrai projet derrière. Selon lui, l’eau se défend avec de l’argent, des investissements et des actes, pas avec un texte sans effet. Dans un communiqué, il dit alors : « L’eau n’est pas un outil de communication. L’eau n’est pas un sujet électoral. L’eau est un droit ». Même écho chez son confrère Perceval Gaillard, qui parle d’une résolution « vide, sans moyen », qui « n’aurait aucun impact » sur la vie des gens. Il rappellera même plusieurs votes dans lesquels le RN aurait été à contre-courant de cette proposition de résolution :

« Le RN se dit “sceptique” sur la gratuité de l’eau, “opposé” à la tarification progressive. Il a même déposé un amendement de suppression de notre proposition de gratuité des premiers cubes vitaux en 2022. Il a voté contre la reconnaissance du droit à l’eau comme droit fondamental dans l’UE le 30 octobre 2024. Voilà la réalité de ce parti qui se dit ami des peuples ultramarins mais est en réalité notre principal adversaire ». – Perceval Gaillard

Rejetée jeudi, la résolution du RN ne laissera donc aucune trace. Même si elle avait été adoptée, elle n’en aurait pas laissé davantage. Pourtant, lors de sa venue à Mayotte, Marine Le Pen déclarait : « Avec Anchya Bamana, j’appelle le gouvernement à répondre urgemment aux besoins des Mahorais. Son inaction, sur ce sujet comme sur tant d’autres, ne peut satisfaire le premier groupe parlementaire ». Des paroles qui sonnent aujourd’hui vides avec cette petite proposition de résolution.

Reste à savoir si au moment de voter le budget, les uns et les autres mettront de l’argent derrière leurs mots. En attendant, à Mayotte comme dans le reste des Outre-mer, des familles continuent de compter chaque goutte qui sort du robinet.

Étienne Satre

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