KWAFÉ ZORDI !
Ce samedi 17 octobre, une série de cinq conférences se tiendra au musée Stella Matutina de Saint-Leu. En réponse à l’exposition sur les engagés du sucre, des spécialistes de cette période historique animeront les temps d’échange.
« Les engagés du sucre, l’engagisme à La Réunion 1828-1938 » : voici le thème de l‘exposition toujours en cours au Musée Stella. Ce samedi 17 octobre, dans l’auditorium Pierre-Roselli du musée, cinq conférences viendront alimenter les connaissances et les échanges autour de cette période marquante dans l’histoire du peuplement de La Réunion.
Un éclairage historique inédit
En effet, depuis le 15 novembre dernier, l’exposition ouvre ses portes aux visiteurs désireux d’en apprendre davantage sur cette période de l’histoire, ayant débuté avec l’arrivée d’un premier groupe de travailleurs en 1828, venus de la région de Yanaon, ancien comptoir français en Inde. Et le choix de la période n’était pas anodin pour les deux commissaires de l’exposition : Michèle Marimoutou (docteure en histoire et chercheuse associée au Centre de recherches en histoire internationale et atlantique) et Bernard Leveneur (conservateur en chef du patrimoine et ancien directeur du musée Stella Matutina).
Cet éclairage historique et sociologique répond à une méconnaissance, ou à une perception souvent floue, de cette partie de l’histoire. Alors, pour rappel, jusqu’en 1938, 164 000 étrangers sont arrivés des îles voisines, d’Afrique de l’Est, d’Inde, d’Extrême-Orient et du Pacifique pour travailler dans les plantations de canne à sucre, mais pas seulement. C’est aussi dans les plantations de cacao, de thé, d’ananas et de caoutchouc, ainsi que dans les industries, les mines et la construction des infrastructures nécessaires au développement des empires coloniaux, que les engagés étaient envoyés.
Cinq conférences avec des experts historiques
Ce samedi, c’est aussi l’occasion d’aller encore plus loin dans l’intérêt porté à cette période. Le bal s’ouvre à 10h15 avec une première conférence animée par Stéphane Law-Hang (docteur en histoire du droit et des institutions [CNU03], chef de projet du SRESRI [Schéma Régional de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation]), sur le thème suivant : « Le vagabondage ou le piège tendu aux engagés indiens par la doctrine coloniale ».
« En 1828, l’arrivée des 15 premiers Indiens à titre d’engagés à La Réunion se présente sous forme d’un essai. Le contexte est grave. L’abolition de la traite négrière, proclamée 11 ans auparavant, remet en question toute la stratégie de développement économique orchestrée par les riches familles de l’île, dont principalement le clan Desbassyns. Comment inclure le coût d’une main-d’œuvre de couleur qui serait, par extraordinaire, salariée dans le système d’exploitation d’une habitation sucrière dont la rentabilité restait, de toutes les façons, fragilisée par les aléas climatiques ? », peut-on lire comme synopsis de la conférence. Le ton est donné. Un plongeon dans l’histoire s’annonce.
À 11 h 15, le professeur à l’université Carpanin Marimoutou proposera de s’intéresser à « La question de l’engagisme dans la littérature coloniale et postcoloniale réunionnaise ».
De 14 h à 15 h, Dominique Vandanjon-Herault (professeure agrégée d’histoire-géographie, PRAG au lycée Roland-Garros et intervenante en CPGE) proposera d’échanger sur le thème « Une question de vie ou de mort : aperçus démographiques dans le sud de La Réunion à l’époque de l’engagisme (1840-1882) ».
De 15 h à 16 h, pour celles et ceux qu’intéresse « L’histoire des engagés africains à La Réunion au XIXe siècle : de la captivité à la servitude », c’est Virginie Chaillou-Atrous (enseignante-chercheuse, chargée de valorisation pédagogique au CRHIA, Nantes Université) qu’il faudra aller écouter.
Enfin, David Gagneur, docteur en histoire et directeur de l’Iconothèque historique de l’océan Indien, clôturera le ballet des conférences en mettant en lumière le portrait d’un engagé : « Joseph Saÿ (1843-1905), la destinée atypique d’un engagé cochinchinois devenu maire du Port ».
Pour retrouver l’intégralité du programme, rendez-vous sur le site du musée Stella.
Sarah Cortier


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