L’Est de la Réunion et Le Tampon connaissent des perturbations d’eau depuis le 7 octobre dernier. Le nécessité d’une bonne tenue du réseau a conduit la CIREST et Le Tampon à réagir. À travers ce conflit, des consommateurs sont drastiquement impactés et révoltés.
Un problème familier dans l’Est
De Saint-Rose à Saint-André, cela fait plusieurs années que les habitants se plaignent des nombreux problèmes liés à l’eau, autant en quantité que qualité. Dans un précédent constat fait en 2025 par l’ARS, près de 30% des usagers sont victimes de coupures d’eau. Celles-ci peuvent durer de nombreuses heures et viennent s’ajouter au manque régulier d’eau potable.
Au sein de cette région, des disparités existent aussi malheureusement. La même étude de l’ARS dévoile que 61 % des Panonais et Panonaises sont touchés par cette anomalie, soit 20 à 25 points de plus que les autres communes. Ces disparités se trouvent aussi dans un rendement plus faible qu’ailleurs avec 37% d’eau perdue.
La sécheresse en est la cause mais pas seulement. À l’hiver 2026, la CIREST et la préfecture sonnent l’alerte face à des nappes souterraines atteignant des niveaux préoccupants.

Une grève et incident technique qui relancent les débats
Les gestionnaires de l’eau sont en grève et pointent du doigt les conditions de travail. Ils réclament une revalorisation salariale de 30%. Ce mouvement porté par le ras-le-bol des salariés n’est pas pour plaire aux habitants qui subissent à nouveau des restrictions.
La CIREST réagit et met en demeure les sociétés exploitantes constatant que ces grèves viennent considérablement affecter le service public. La CIREST demande à la CISE Réunion, société en charge de l’exploitation, de mobiliser des moyens humains et de mettre en place une distribution de bouteilles d’eau. L’intercommunalité menace également la société de sanctions contractuelles si les manquements persistent.
Le Tampon connaît aussi des perturbations de distribution suite à un incident survenu le 9 octobre. De nombreux quartiers manquent d’eau potable et la mairie a mis en place une distribution d’eau pour les foyers concernés en attendant le rétablissement du réseau par Sudéau. La CASUD et la CIREST ont conjointement appelé à une médiation de l’État souhaitant une sortie rapide et durable de cette crise.
Ces incidents mais aussi ces mobilisations remettent sur la table les questions sur l’eau. Tout autant sur la qualité et la quantité d’eau en période de sécheresse, sur son exploitation et sur les conditions de travail des exploitants. En effet, ce débat revient continuellement dans les régions d’outre-mer où l’eau, source de vie, est aussi source de tension.

L’eau potable, nécessité ou luxe ?
L’eau est une ressource renouvelable et abondante ce qui est un bon point pour sa vitalité. Elle n’est pas inépuisable et c’est bien son manque qui nous épuise. C’est ce que nous remarquons en premier en interrogeant Marie, 43 ans et mère de famille : « On n’a pas d’eau pour boire donc faut en acheter. Quand l’essence coûte cher et que les courses coûtent déjà très cher on a autre chose à faire que d’acheter de l’eau. »
Et encore, il faut qu’il y ait de l’eau dans les rayons. De nombreux habitants du Tampon comme Marie ont dû faire plusieurs déplacements en début de semaine avant d’en trouver : « J’ai fait 3 magasins différents avant de comprendre qu’il fallait en chercher dans les villes d’à côté».
Au milieu de ces perturbations nous remarquons que l’eau est pour nous aussi un produit de luxe. D’ailleurs chez nos voisins de l’île Maurice, nous voyons de fortes tensions qui augmentent depuis plusieurs jours. Si plusieurs causes ont conduit à ces manifestations, le manque d’eau en fait partie. À la Réunion aussi ces anomalies pourraient s’ajouter aux revendications actuelles de la population, quelques jours avant le rassemblement des Gilets jaunes.
Pierre Grondin Chan Ashing


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