KWAFÉ ZORDI !
Après l’épisode de fortes mobilisations de ce samedi 17 octobre, le syndicat Fédération Syndicale Unitaire annonce fixer une nouvelle date, le 5 novembre, afin de manifester « pour les salaires et les pensions, les services publics et la rupture écologique ». Le syndicat entend organiser cette journée de grève pour, une nouvelle fois, « se mobiliser, exprimer des revendications, manifester pacifiquement », qui sont, rappelle la FSU, « des droits fondamentaux qui doivent être respectés ».
La FSU appelle à préparer dès maintenant le 5 novembre pour en faire « une puissante journée de grève et de manifestations ». La FSU Territoriale 974 appelle quant à elle l’ensemble des salariés et des agents publics à se mobiliser à nouveau massivement, « afin de faire entendre raison au gouvernement ». Elle réclame aussi « les moyens nécessaires aux communes, aux départements et aux régions afin de répondre aux besoins de la population ».
La FSU dénonce « 10 ans de macronisme » qui, selon elle, laissent le pays dans un état économique et social désastreux. La FSU Territoriale dénonce « dix années de politiques libérales ayant fragilisé les services publics, comprimé les salaires et accru les inégalités ». Pour elle, « il est plus que jamais urgent que le gouvernement sorte du déni » et « cesse d’instrumentaliser les violences pour poursuivre ses politiques d’austérité délétère et sa stratégie du pourrissement ».
De son côté, la CGTR revient aussi sur les évènements du week-end dernier. Le syndicat n’évoque pas la date du 5 novembre mais demande de vraies actions de la part de l’État : « Il ne suffit pas d’appeler au calme : il faut aussi apporter des réponses aux causes profondes de la colère sociale et aux revendications de la jeunesse réunionnaise ».
Grenades sur le carré de tête
Cette nouvelle date arrive au lendemain d’une journée qui a fait des blessés dans les rangs syndicaux. À Toulouse, selon la FSU, la manifestation avait été déclarée en préfecture avec la CGT. Elle était alors encadrée et pacifique. Les forces de l’ordre ont pourtant tiré des grenades de désencerclement sur le carré de tête syndical. Quatre responsables ont été blessées et évacuées : Charlotte Andrieu et Alexandra Nougarède, co-secrétaires départementales de la FSU, Pauline Salingue, membre du bureau de l’union départementale CGT, et Natacha Pommet, secrétaire générale de la CGT Services publics. Des membres des services d’ordre des deux syndicats ont aussi été touchés.
« Le choix a clairement été celui de la répression », tranche donc la FSU. Elle exige que la lumière soit faite et que les responsables soient sanctionnés « à tous les niveaux ». Mais ce n’est pas la première fois : le 13 octobre déjà, à Lyon, le carré de tête avait pris des coups. Samedi, à Paris comme dans d’autres villes, les gaz lacrymogènes sont arrivés avant même le départ des cortèges. Le syndicat vise aussi le ministre de l’Intérieur. Ce dernier a d’ailleurs déposé sa démission dimanche en déclarant « je suis responsable de tout », mais Emmanuel Macron l’a refusée. Les propos du ministre légitiment alors une réponse policière et judiciaire disproportionnée face à une mobilisation qui compte aussi des mineurs d’après le syndicat.
Le refus de l’amalgame
La FSU ne nie pas les dégradations. La FSU Territoriale condamne « fermement » les violences contre les services publics. Elle soutient les agents dont les lieux de travail ont été pris pour cible, de Paris à Marseille, de Bordeaux à Lyon et à Limoges où l’hôtel de ville a été entièrement ravagé par un incendie.
Mais pour la FSU, le gouvernement a fait son choix : l’amalgame. Lycéens, étudiants, salariés, parents d’élèves, retraités, tous sont mis dans le même panier que la minorité violente. Les cortèges, y compris syndicaux, sont traités comme des « violences urbaines ». La FSU Territoriale dénonce une « dangereuse stratégie de la tension », dont le but est clair : discréditer des revendications légitimes. Car samedi, ils étaient plus de 800 000 dans les rues, selon le syndicat. Pas pour casser, mais pour dire leur colère face à l’inflation, aux salaires qui stagnent, aux conditions d’études qui se dégradent, à un avenir qui s’assombrit. Ce sont eux qui paient chaque jour, rappelle le syndicat, le prix de politiques « au service des plus riches ». En mélangeant tout, le gouvernement fait un choix « irresponsable » qui, prévient la FSU, ne peut qu’« affaiblir la démocratie ».
Alors, le syndicat donne rendez-vous dans deux semaines, pour de nouveau, faire entendre des revendications jusqu’ici étouffées aux yeux de l’État.
Etienne Satre


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