manifestation saint-pierre du 28 mars 23. Photo Ysabelle Gomez

⏱️ Temps de lecture estimé : 4 min(s)

🎧

Renfort de gendarmes, couvre-feux et interdiction de manifester : à quoi s’attendre le 24 octobre ?

KWAFÉ ZORDI !

À l’approche de l’acte II des manifestations étudiantes et des mobilisations des Gilets jaunes, ce samedi 24 octobre, les pouvoirs publics resserrent la vis. Interdictions de manifester, couvre-feux, renforcement du dispositif de maintien de l’ordre : on fait le point sur les dernières actualités.

« Quand ce sont des organisations syndicales, les préfets proposeront des tracés alternatifs. Quand ce ne sont pas des organisations syndicales, partout où on le peut, on interdira. » Voici ce qu’a déclaré Emmanuel Macron ce jeudi 22 octobre, dans une allocation à la suite du conseil de sécurité.

Interdiction de manifester ?

Ce vendredi 23 octobre, le président reçoit dans l’après-midi les organisations étudiantes et préside un conseil de défense. Le premier rendez-vous a été annoncé comme un temps d’échange destiné à « écouter les revendications ». Dans la foulée, des directives seront données aux forces de l’ordre pour la journée du samedi 24 octobre.

Sur le département réunionnais, si aucune interdiction de manifester n’a pour l’instant été annoncée, un couvre-feu pour les mineurs pourrait entrer en vigueur dans plusieurs communes de l’île. « Une demi-douzaine », annonçait ce mercredi le préfet Patrice Latron.

Si le maire de La Possession, Erick Fontaine, n’avait pas hésité à instaurer cette restriction dans le quartier de Moulin Joli dès le 14 octobre dernier, pour les mineurs de moins de 16 ans, de 20 h à 3 h et jusqu’au 2 novembre prochain, le préfet considère pour l’instant que sa mise en place dans d’autres communes n’est « pas nécessaire ». La désescalade des tensions observée ces derniers jours pèse évidemment dans la balance. Pour autant, les autorités publiques restent sur le qui-vive.

Déploiement du dispositif de sécurité

« Pour que le calme soit là. Pour que l’on puisse protéger les commerces et les bâtiments publics. » Voici les raisons avancées par Emmanuel Macron pour justifier l’interdiction des manifestations prévues ce samedi. En cause : les violences qui ont éclaté entre manifestants et forces de l’ordre le week-end dernier dans plusieurs communes à l’échelle nationale.

Ce mercredi 21 octobre, 68 gendarmes mobiles ont posé le pied sur le sol réunionnais à la demande du préfet. « Ils tourneront principalement la nuit parce que c’est la nuit qu’il y a des troubles à l’ordre public. Ils auront une mission : procéder à des interpellations, notamment de personnes cagoulées, habillées en noir, ainsi que des incendiaires et des pillards », annonçait-il au micro de Réunion la 1ère depuis l’aéroport. Cibler les feux de poubelles fait également partie des directives données par le préfet.

Resserrer la vis, mais pour quoi ?

Par mesure de prévention, la consommation d’alcool sur la voie publique est également interdite à partir de ce vendredi 23 octobre à 18 h et jusqu’au lundi 26 octobre à 6 h. Il en va de même pour la vente, le port, le transport et l’utilisation d’artifices de divertissement et d’articles pyrotechniques. Dans le même temps, les agents de Transdev Service Réunion sont autorisés à procéder à des palpations de sécurité et à des inspections visuelles dans les transports en commun.

Mais alors, si les autorités publiques semblent montrer les crocs face à cette colère qui gronde, qu’en est-il réellement des appels à manifester pour ce samedi ?

Dans un communiqué, l’intersyndicale appelle les salariés, les étudiants et les retraités à se mobiliser le 5 novembre prochain, sans appeler directement à manifester ce samedi. Reste à voir quelle foule se mobilisera ce week-end à Saint-Pierre et à Saint-Denis pour porter la multitude de revendications en faveur d’un avenir meilleur. Puis, quel traitement médiatique sera fait de ces mobilisations. Suspense…

Sarah Cortier

82 vues

A propos de l'auteur

Sarah Cortier

Journaliste issue d’une formation de sciences politiques appliquées à la transition écologique, Sarah est persuadée que le journalisme est un moyen de créer de nouveaux récits. Elle a rejoint l'équipe de Parallèle Sud pour participer à ce travail journalistique engagé et porter de nouveaux regards sur le monde.

Ajouter un commentaire

⚠︎ Cet espace d'échange mis à disposition de nos lectrices et lecteurs ne reflète pas l'avis du média mais ceux des commentateurs. Les commentaires doivent être respectueux des individus et de la loi. Tout commentaire ne respectant pas ceux-ci ne sera pas publié. Consultez nos conditions générales d'utilisation. Vous souhaitez signaler un commentaire abusif, cliquez ici.

Articles suggérés

S’abonnerFaire un donNewsletters
✕
Parallèle Sud

GRATUIT
VOIR