Fervent militant de gauche depuis l’adolescence, Alexis Chaussalet brigue désormais les suffrages des électeurs tamponnais pour les municipales de mars prochain. Mobilité, lutte contre les inégalités de genre, qualité du débat politique réunionnais : il livre son regard dans une nouvelle interview de Candidats, candidates.
« Si on déroule le tapis rouge aux tenants du système, en leur disant : “Vous n’aurez pas de résistance”, on va droit dans le mur », déclare Alexis Chaussalet. C’est avec sa liste « Nout Voix Nout l’Avenir » pour la ville du Tampon que le candidat se présente aux élections municipales de 2026. Le haut-parleur dans lequel il scandait, adolescent, en manifestation n’est pas de sortie ; pourtant, les idéaux sont bel et bien les mêmes.
Un engagement politique qui débute dans le militantisme
Alexis Chaussalet resitue l’origine de son engagement politique à son adolescence. Tout commence lorsqu’il monte une organisation syndicale, l’UNL (Union nationale lycéenne), au lycée tamponnais Roland-Garros. « Nous avions une posture plus radicale qu’en Hexagone, avec des convictions plus progressistes, plus fermes. »
Derrière cette impulsion militante se cache une croyance en la possibilité de « faire collectif, ensemble, de créer des contre-analyses, contre-expertises et organisations », mais surtout une certitude : « un autre monde est possible ». Ancien membre d’Attac France, attaché parlementaire de Karine Lebon et ancien collaborateur du groupe majoritaire à la Région, Alexis Chaussalet continue de porter ses revendications avec, en fond, la lutte contre les inégalités. Mais peut-on rester militant, insoumis, révolté et siéger sur le banc des administrateurs ? Selon lui, oui. « Je garde cette même révolte contre l’injustice du système, je pense juste avoir transformé les moyens d’action. Il faut avoir des poches de résistance dans les institutions, dans le jeu électoral. »
Il reconnaît avoir parfois lissé son discours sur les plateaux télé, mais dans l’objectif de porter plusieurs voix, pas seulement la sienne.


Rencontrer les Tamponnais·es dans les quartiers
Pour se faire, une consultation citoyenne a été lancée depuis mai 2024 par la liste Nout Voix Nout l’Avenir, en ligne puis quartier par quartier. Recueillir la parole des habitant·e·s s’est traduit par une petite victoire pour le candidat, dans un territoire fortement marqué par le clientélisme et les dynamiques de pression.
À la suite de ces consultations, cinq thèmes prioritaires ont été choisis pour être au cœur du programme : l’éducation, la culture, la démocratie, la mobilité et la sécurité. « La sécurité n’était pas un thème que l’on pensait prioritaire, mais il est revenu beaucoup dans la bouche des habitant·e·s. Ce qui est intéressant, c’est de voir ce qu’ils disent pour la sécurité : ils veulent que l’on crée de l’animation culturelle dans les quartiers pour que les jeunes aient des choses à faire. Ce n’est pas du “tout répression” ou de la vidéosurveillance. »
De quelle mobilité, volet social et modèle agricole rêve Alexis Chaussalet ?
Construire un véritable plan de mobilité sur le long terme, telle est la volonté d’Alexis Chaussalet. Il propose de mettre en place un système de bus à haut niveau de service, avec des voies dédiées entre les quartiers de Bras-de-Pontho et Terrain Fleury, selon un itinéraire défini par les usagers. L’idée, à long terme, est aussi d’installer un tramway, toujours dans une démarche de co-construction avec les habitant·e·s.
Sur le volet social, les trente K2K, ou « Kaz de Kartié », auraient une vocation plurielle : accompagner les démarches administratives des habitant·e·s, notamment les personnes les plus isolées ; tisser du lien grâce à la dynamisation culturelle et associative des quartiers en proposant des locaux aux associations ; et créer des conseils de quartier pour nourrir la démocratie directe. « Il faut que l’on soit réceptifs au monde associatif. La Maison des femmes et le centre d’hébergement d’urgence font partie de ces projets. »
Enfin, un modèle agricole permettant aux agriculteurs de vivre de leur travail est au cœur de son projet. « Vivre dignement et vivre des résultats réels de leur travail, hors du “tout-subvention”. Avoir des pratiques agricoles saines qui permettent de respecter la santé des agriculteurs en premier lieu et aussi celle des consommateurs, où l’on fait la part belle à l’agriculture vivrière et à la tradition réunionnaise. »
Retrouvez l’intégralité de l’interview dans la vidéo youtube.
Entretien : Olivier Ceccaldi et Sarah Cortier
Captage vidéo et montage: Victor Maillot et Etienne Satre

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