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Comment la non condamnation de l’Etat d’Israël empêche aujourd’hui la France de condamner l’intervention américaine

ÉDITO#

Coup d’État ou libération? Depuis le 3 janvier et l’intervention américaine au Vénézuela, les réactions ont été nombreuses dans la sphère politique nationale et internationale pour condamner…ou pas, cet acte d’ingérence américaine sur un sol étranger. Une non condamnation qui surprend de nombreux observateurs mais qui paraît normale quand on se remémore le positionnement des démocraties européennes face au génocide qui se déroule en Palestine. 

Car comment trouver le courage de condamner le président de la première puissance militaire mondiale quand on n’a pas eu celui de condamner les actes de violences et parfois de barbarie à l’encontre du peuple palestinien dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. Pourtant, cette fois-ci, la justice internationale a fait son travail, délivrant après réflexion, plusieurs mandats d’arrêt internationaux à l’encontre du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu et deux de ses ministres. 

Malgré cela, les démocraties se sont tues, sauf quelques autres comme l’Espagne et l’Irlande ainsi que de nombreuses nations africaines, sud-américaines et asiatiques qui avaient dès le départ condamné les actes génocidaires. Le président Trump a même reçu le chef du gouvernement israélien sur le sol américain, ignorant totalement la justice internationale. En France, il aura fallu attendre le mois de septembre 2025 pour que, timidement, le président Emmanuel Macron daigne reconnaître l’existence de l’état palestinien. Une décision purement symbolique qui n’a depuis entrainé aucune conséquence. 

L’État français n’a même pas eu un mot pour dénoncer l’attaque dont fait l’objet depuis le 20 août le juge français de la Cour pénale internationale, Nicolas Guillou, ainsi que deux de ses collègues. Et aujourd’hui, on apprend que les États-Unis menacent les magistrats français qui vont devoir juger le cas de Marine Le Pen en appel. On parle donc d’un état démocratique qui s’arroge dorénavant le droit de menacer les pays qui ne se soumettraient pas à sa doctrine. 

Aujourd’hui, le chef de l’État français reste muet, sauf pour saluer le départ du président Maduro et ses ministres lui emboîtent le pas. Une stratégie de la faiblesse qui ouvre sur un futur angoissant alors que le président Trump a relancé l’idée d’annexer le Groenland dans le but de « protéger les intérêts des USA » et que Medvedev, le vice-chef du conseil de sécurité russe et proche de Poutine n’exclut pas l’idée de promettre au chancelier allemand, le même sort que le président vénézuélien. 

Mais n’ayez aucune crainte, car tant qu’il s’agit de la force employée par des pays occidentaux, on trouvera toujours une bonne raison pour se justifier comme l’a si bien fait notre cher ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot au micro de France Info dimanche dernier : « L’usage de la force est permis dans le droit international, et nous l’avons démontré hier soir en frappant, avec des moyens militaires français, des terroristes en Syrie, des terroristes de Daech. » Une raison de plus pour lui, de valider le prochain budget et donner à l’armée française des moyens supplémentaires pour « préparer un monde soumis à la loi du plus fort. »

Olivier Ceccaldi

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A propos de l'auteur

Olivier Ceccaldi

Reporter citoyen, Olivier a tout d'abord privilégié la photographie comme support pour informer notamment sur les réalités des personnes exilées face à la politique migratoire de l'Union européenne. Installé sur l'île de La Réunion depuis 2024, il travaille principalement sur les questions de société.

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