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Comment les danseurs de l’association Qi Lin se préparent au Nouvel an chinois

Les tambours résonnent, rue Sainte-Anne, dans le temple dionysien Saï Tsiong Tong. De féroces silhouettes avancent et bougent au rythme des percussions. Les jeunes de l’association Qi Lin répètent pour le Nouvel An chinois, le 17 février prochain. À l’approche de l’année du cheval, l’association Qi Lin ouvre les portes de son entraînement. Ces répétitions marquent la dernière ligne droite avant les festivités.

Dans le temple, plus d’une dizaine de jeunes sont présents sous la supervision du président de l’association Marc Lu Yun. « Depuis une quinzaine d’années maintenant, la danse du lion et la danse du dragon sont au cœur de l’identité de l’association. », explique-t-il.

Fondée en 1992 par une trentaine de jeunes diplômés réunionnais d’origine chinoise, l’association avait pour objectif de se réapproprier une culture mise de côté par un parcours universitaire dans l’Hexagone. Aujourd’hui, certains viennent pour dépasser leur timidité. D’autres fréquentent l’association depuis l’enfance et continuent d’y participer activement.

Au rythme de la danse du lion…#

Puisant leurs mouvements des arts martiaux, chacune des danses représente le comportement et les postures des animaux qu’ils incarnent. 

La danse du lion pratiquée s’inspire d’un style du sud de la Chine. Un jeune danseur raconte : « Il y a le lion Hok San qui est joueur. L’autre lion, Fat San a une corne et il est plus brusque. ».

La légende veut qu’une bête dénommée Nian causait d’innombrables dégâts dans les vivres d’un village de la province de Canton. Pour l’éloigner, les villageois ont créé une bête artificielle qui lui ressemblait.

La chorégraphie est menée par deux danseurs dissimulés sous la tête et le corps du lion. À l’intérieur, un système de fils permet d’actionner oreilles, paupières et mâchoire, synchronisées avec le rythme des tambours. Ici, les techniques ne sont pas enseignées par un coach attitré. Elles se transmettent d’une personne à l’autre, selon l’ancienneté.

Une préparation minutieuse#

« On commence par de l’échauffement articulaire, des étirements, et parfois du renforcement physique et ensuite, on danse. » explique Achille Lu Yun, danseur.

Sur le parvis du temple, par groupe de quatre danseurs, ils enfilent les costumes et répètent leur mouvement en suivant le tempo.  Au-delà de l’aspect physique, c’est aussi de la coordination qui est nécessaire. À l’arrière du temple, ce sont les parents qui apprennent. En rythme, en suivant le son du tambour, ils tapent des mains pour prendre la mesure. Pour Virginie Hong, parent :  « Il y a quelque chose d’intergénérationnel. Nous aussi, on apprend des jeunes ».

Intergénérationnel, en effet, quand Marcel Fock Sun, fondateur du studio Universal rend visite à l’association. Il se propose même à une démonstration de la danse du lion devant l’assemblée.

Puis, seize heures arrivent. L’heure de la sieste passée, les tambours shanxi sont prêts à résonner. Alignés sur trois lignes, les musiciens s’arment de baguettes et, à l’unisson, font trembler le sol et les cœurs. Sous le regard avisé du président de l’association qui, conseille, améliore et donne les futures instructions pour la suite de l’entraînement. 

Répétition des tambours Shanxi

Dans quelques jours, la troupe déambulera devant les boutiques de Saint-Denis, de Saint-Paul et dans plusieurs communes de l’île.

Tout doit être bien rôdé. Les danses durent entre quinze à trente minutes selon les prestations. Le poids des costumes et la chaleur sont un défi exigeant. 

Mais, la préparation ne se limite pas aux entrainements. Le président de l’association explique : « La semaine précédent le Nouvel An, les jeunes commencent à préparer et vérifier le matériel. Puis il y a la préparation du matériel pour la cérémonie et les prières. La veille du Nouvel An chinois, je dis aux jeunes de rester en famille, parce que ce n’est pas une fête communautaire mais une fête familiale. »

Derrière chaque lion qui dansera pour le Nouvel An chinois, pour chaque tambour qui grondera, ce sont des heures d’entraînement collectif et une tradition transmise de génération en génération.

Victor MAILLOT

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A propos de l'auteur

Victor Maillot

Titulaire d'une licence de biologie à l'université de la Réunion et d'un master en médiation et communication des sciences et des techniques ; Victor rejoint Parallèle Sud en tant que volontaire du service civique pour des missions d'éducation aux médias et à l'information et de journalisme.

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