éruption du volcan piton de la Fournaise du 18 janvier 2026 © Franck Cellier

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Fin du premier acte de l’éruption de 2026

Deux jours et demi d’éruption, 4 failles, 18 fontaines de lave, des milliers de spectateurs aux premières loges du Pas de Bellecombe-Jacob, des heures d’embouteillages et des dizaines de voitures verbalisées pour stationnement gênant. Tel est le bilan du premier acte de la saison volcanique 2026.

Voilà, c’est fini, l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise indique que l’éruption débutée le 18 janvier 2026 à 19h45 s’est arrêtée le 20 janvier aux alentours de 5h heure locale. « Une activité sismique est toujours enregistrée sous le sommet du volcan mais celle-ci est en diminution sur les 16 dernières heures, passant de 10 séismes volcano-tectoniques superficiels par heure à une moyenne de 3, soit un taux similaire à celui observé avant l’éruption », signale le communiqué des scientifiques émis ce jour à 9h30.

Nombre de séismes par heure entre le 18 et le 21 janvier. © OVPF

Ces observations confirment les hypothèses avancées le soir de l’éruption par Alain Bertil. Le référent « volcan » pour la commune de Sainte-Rose s’attendait à une éruption courte du fait du grand nombre de fontaines observées : 18 selon son propre décompte. Quatre failles se sont en effet ouvertes aux premières heures de la sortie du magma, alimentant un immense champ de lave dans l’enclos, au Nord-Est du Dolomieu.

Prélèvements effectués le 19 janvier. © OVPF
Les prélèvements seront envoyés à l’Université Clermont Auvergne. © OVPF
Estimation des débits volumiques (en haut) et du volume cumulé (en bas), estimés par méthode satellite depuis le début de l’éruption. En noir via les données de la plateforme HOTVOLC (OPGC, Université Clermont Auvergne), en bleu via les données de la plateforme MIROVA (Université de Turin).© OVPF

Alors que les failles se sont refermées au fil des heures, le lendemain de l’éruption les équipes de l’Observatoire se sont rendues sur le terrain pour recueillir les échantillons de lave. « Ces échantillons seront envoyés pour analyses à l’IPGP (Institut de physique du globe de Paris) et à l’Université Clermont Auvergne. Leur composition permettra de mieux comprendre l’origine des laves émises lors de cette éruption, relève l’Observatoire avant de questionner : Est-ce déjà le nouveau magma qui est remonté des profondeurs depuis fin novembre qui est sorti ou un magma résiduel du réservoir superficiel ? »

Une prochaine éruption ?#

Autre question : à quand la prochaine éruption ? Selon les scientifiques, « les séismes observés ce matin, et localisés aux alentours de 2 km de profondeur sous le sommet du volcan, indiquent que le système d’alimentation superficiel du volcan reste sous pression mais l’hypothèse d’une reprise d’activité imminente s’éloigne. »

« À ce stade, le processus de pressurisation du réservoir superficiel peut se poursuivre pendant plusieurs jours à plusieurs semaines, voire plusieurs mois, avant qu’une nouvelle injection de magma ne se produise vers la surface ; il peut également s’interrompre sans conduire, à brève échéance, à une éruption », poursuit le communiqué. 

À noter qu’au cours de la nuit les rougeoiements des coulées de lave se sont estompés indiquant que la surface des coulées se refroidissait. Néanmoins le cœur des coulées peut rester chaud pendant plusieurs mois et des fumerolles persistent. Les fumerolles peuvent s’intensifier après les épisodes de pluie.

Au-delà de la splendeur d’une éruption visible du Pas de Bellecombe-Jacob, il restera de ce premier acte de la saison 2026 du Piton de la Fournaise, l’immense cafouillage automobile des nuits de dimanche et de lundi.

730 voitures par heure#

Lors de la première nuit, les gendarmes sont arrivés après les premiers curieux débarqués des festivités voisines de Miel Vert. Impossible pour eux de réguler la circulation. Avec plus des 730 véhicules comptabilisés chaque heure sur la piste défoncée de la Plaine des Sables, les capacités de stationnement des parkings du sommet et de Foc-Foc (700 places) ont été immédiatement saturées. Les gens ont abandonné leur voiture sur la route pour continuer à pied, plongeant le secteur dans un coma circulatoire qui a duré plus de 6 heures.

éruption du volcan piton de la Fournaise du 18 janvier 2026 © Franck Cellier
Plus de 50 véhicules ont été verbalisés pour stationnement gênant.

Heureusement qu’aucun véhicule de secours n’a eu à intervenir en urgence. Le deuxième jour, les services de l’État, aux côtés de l’ONF, de la commune du Tampon, du SDIS et de l’OVPF, se sont « pleinement mobilisés ». La préfecture a indiqué que « 35 gendarmes ont été engagés sur le terrain, aux côtés de la police municipale du Tampon, d’agents de la sous-préfecture de Saint-Pierre, afin d’assurer la viabilité des axes, la fluidité de la circulation et la prévention. Et plus de 50 véhicules ont fait l’objet de verbalisations pour stationnement gênant. »

Franck Cellier

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A propos de l'auteur

Franck Cellier

Journaliste d’investigation, Franck Cellier a passé trente ans de sa carrière au Quotidien de la Réunion après un court passage au journal Témoignages à ses débuts. Ses reportages l’ont amené dans l’ensemble des îles de l’océan Indien ainsi que dans tous les recoins de La Réunion. Il porte un regard critique et pointu sur la politique et la société réunionnaise. Très attaché à la liberté d’expression et à l’indépendance, il entend défendre avec force ces valeurs au sein d’un média engagé et solidaire, Parallèle Sud.

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