A quelques mois des élections municipales 2026, la ville de Saint-Denis a déposé sa candidature au ministère de la Transition écologique et de la cohésion des territoires pour participer à l’expérimentation de la loi Bélim, qui vise à encadrer les loyers privés d’Outre-mer. La ville dépose sa candidature pour y participer alors que « 10 000 demandes de logements sont en attente » sur le territoire, selon la ville de Saint-Denis.
La loi Bélim a été promulguée le 13 juin 2025. Elle a été portée au Parlement par la sénatrice réunionnaise Audrey Bélim, dans le but de répondre à un problème dans les territoires d’Outre-mer et dans ses communes situées en zone tendue : les loyers privés sont très élevés par rapport aux revenus des habitants, ce qui rend l’accès au logement difficile pour beaucoup de familles. Une candidature doit être déposée au ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires pour participer à la phase d’expérimentation de la loi, disponible jusqu’en juin 2030, mais qui ne durera que 2 ans pour les candidatures acceptées. Cette phase de test sert a évaluer les impacts économiques pour l’État, mais également à regarder si le dispositif est efficace.
Encadrer le parc locatif privé#
Saint-Denis — qui est un territoire dit « tendu » dans le marché du logement — avait déjà voté (tout comme Saint-Paul) des motions en conseil municipal pour candidater à cette loi Bélim. La ville a annoncé via un communiqué sa candidature officielle ce lundi. Ericka Bareigts souligne l’importance d’y participer en expliquant : « À Saint-Denis, la pression sur le logement est particulièrement marquée. Le territoire compte près de 10 000 demandes de logements en attente sur son parc locatif social. Une réalité qui traduit les difficultés rencontrées par de nombreux ménages pour accéder à un logement adapté et financièrement soutenable. »
A La Réunion, c’est un total de 9 communes qui peuvent candidater. Pour rappel, cette loi vise à encadrer le parc locatif privé (location vide ou meublée pour des résidences principales), ce qui permettrait à un plus grand nombre de familles de trouver un logement adapté mais aussi financièrement plus abordable, et par ricochet d’augmenter le pouvoir d’achat des Réunionnais. Les locations publiques (SHLMR, SIDR…) ne sont pas directement concernées car elles sont déjà encadrée avant cette loi Bélim par plafonds nationaux de loyers.

Déposer sa candidature, et ensuite ? #
Les services de l’État ainsi que la préfecture examineront la demande, suite à quoi les plafonds seront fixés et appliqués aux propriétaires de logements privés. Ces plafonds seront étudiés notamment grâce à la participation de l’obersvatoire des loyers de La Réunion. Par exemple, pour un T3 à Saint-Denis, si le loyer médian du quartier est de 12 € par m², le loyer maximum autorisé sera de 14,40 € par m², soit 20 % de plus, mais pas plus. Pour un exemple plus parlant, un loyer à 800 euros sera plafonné à 960 euros, encore une fois selon le loyer médian du quartier.
Etienne Satre

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