⏱️ Temps de lecture estimé : 3 min(s)

🎧

L’UR 974 se mobilise pour défendre un agent municipal de Cilaos

Ce vendredi 6 février, le syndicat UR 974 se mobilisait devant la sous-préfecture de Saint-Pierre pour faire valoir les droits d’un employé de la commune de Cilaos qui avait été rétrogradé suite un arrêté municipal en 2022.

Dans la rue Archambaud, ce vendredi matin, c’est la voix de Clara Derfla, secrétaire générale du syndicat de l’Union Régionale 974 que l’on entend aux abords de la sous-préfecture de Saint-Pierre. Avec elle, c’est près d’une centaine de membres du syndicats qui étaient présents pour soutenir leur camarade Jean-Maurice Grondin, agent municipal de la commune de Cilaos. 

Clara Derfla, devant la sous-préfecture de Saint-Pierre.
Près d’une centaine de membres de l’UR 974 étaient présents pour soutenir leur camarade Jean-Maurice Grondin.
La sous-préfecture était exceptionnellement fermé le jour de la mobilisation.

Pour comprendre l’histoire, il faut revenir plusieurs années en arrière. En 2022, Jean-Maurice Grondin, alors adjoint aux services techniques, dirigeait le service bâtiment et celui de la voirie. Alors qu’il est en congé, il apprend que suite à deux arrêtés pris par le maire, Jacques Techer, il est rétrogradé à un poste d’agent municipal sans aucune prérogative et avec une perte de près de 500 euros par mois sur son indemnité. 

Pourtant, rien n’avait jamais été à redire concernant son travail. Avec le soutien de l’UR 974, il saisit le tribunal administratif de Saint-Denis qui annule par une décision du 1er février 2024, les deux arrêtés. Par cette même décision, les deux arrêtés sont considérés comme n’ayant jamais existé et le maire n’a alors légalement d’autre option que celle de reprendre Jean-Maurice Grondin à son ancien poste et lui verser des traitements pour couvrir les arriérés.

Face à l’absence de réaction du maire de la commune et à son silence, l’UR 974 demande alors au TA de forcer l’exécution du jugement et un premier courrier est alors envoyé le 19 août 2025 au maire qui sera suivi d’un second le 3 octobre 2025 faute de réponse. 

« On a demandé à ce qu’une procédure judiciaire soit ouverte à l’encontre du maire pour que le jugement soit exécuté », explique Clara Derfla alors que la voie du dialogue avait préalablement été privilégiée. Pour la responsable syndicale, le non respect par le maire de Cilaos d’une décision de justice est un message dangereux envoyé à l’ensemble de la société réunionnaise car « il signifie que le maire peut faire ce qu’il veut. »

Au bout d’une dizaine de minutes, une délégation a été reçue par le sous-préfet qui a pris l’engagement de contacter le maire directement et de veiller, si ce dernier ne fait rien, à ce que l’agent réintègre son ancien poste. 

Malgré cet engagement, l’UR 974 et Jean-Maurice Grondin envisagent de porter plainte contre la personne du maire lui-même pour qu’il soit tenu responsable personnellement des dommages causés à l’agent municipal. « Si on ne fait rien, il n’y aura aucune conséquence envers lui, car ce sont les administrés qui payeront les frais », déclare Clara Derfla. 

Contacté ce jour-même, le maire ne nous a pas encore répondu.

Olivier Ceccaldi

70 vues

A propos de l'auteur

Olivier Ceccaldi

Photojournaliste, Olivier a tout d'abord privilégié la photographie comme support pour informer notamment sur les réalités des personnes exilées face à la politique migratoire de l'Union européenne. Installé sur l'île de La Réunion depuis 2024, il travaille principalement sur les questions de société et de l'héritage.

Ajouter un commentaire

⚠︎ Cet espace d'échange mis à disposition de nos lectrices et lecteurs ne reflète pas l'avis du média mais ceux des commentateurs. Les commentaires doivent être respectueux des individus et de la loi. Tout commentaire ne respectant pas ceux-ci ne sera pas publié. Consultez nos conditions générales d'utilisation. Vous souhaitez signaler un commentaire abusif, cliquez ici.

Articles suggérés

S’abonnerFaire un donNewsletters
Parallèle Sud

GRATUIT
VOIR