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Bouches Cousues, la pièce d’une vie pour Filip Auchère

Le 20 février 2026, Filip Auchère, s’incarnait lui-même sur les planches du théâtre Lucet Langenier aux côtés de Loic Simon dans la pièce de théâtre Bouches Cousues. Une plongée dans l’intime, entre silences, secrets de familles et puissance des mots qui parfois réparent. 

« Être né quelque part pour celui qui est né c’est toujours un hasard, être né quelque part… » En sortant du théâtre Lucet Langenier, le vendredi 20 février 2026, je pense à ces paroles de Maxime Le Forestier. Dans la pièce Bouches Cousues, Filip Auchère nous livre une plongée dans l’intime, dans son intime. A travers des films et photos tirées des archives de sa propre famille, il questionne les souvenirs, leur véracité ainsi que le poids du secret et du silence dans la construction de son histoire personnelle. 

L’histoire débute dans les années 60, Filip n’existe pas encore et, par la force du récit, il nous transporte dans l’histoire de sa famille composée alors de ses parents Emile et Simone Cantrelle ainsi que de ses trois soeurs Danièle, Anne-Marie et Angèle. 

La puissance de la pièce ne tient pas dans le décor, qui est minimaliste mais dans la présence du comédien et celle de son compagnon, Loïc Simon qui l’accompagne en musique et joue le rôle de voix off. La mise en scène est faite par Gad Bensalem et rappelle un peu celles d’Alexis Michalik dans les pièces  Le porteur d’histoire ou intra-muros

Le comédien est celui qui mène la danse (il n’y pas de jeu de mots même si on peut considérer que les comédiens dansent durant la pièce sur un air du groupe Les Surfs, Si j’avais un marteau) et nous fait voyager dans le temps et dans l’espace (on passe de Madagascar à la France hexagonale).

Mais la puissance de la pièce tient aussi dans l’histoire qu’elle nous conte et qui n’est autre que celle de Filip Auchère lui-même. Le comédien redevient enfant et nous conte ses souvenirs ou en tout cas ce qu’il pense se souvenir. Cette citation de Gabriel Garcia Marquez déclamée durant la pièce résume à elle seule toute l’ambivalence de ce conte : « la vie n’est pas ce que l’on a vécu mais ce dont on se souvient et comment on s’en souvient. »

Filip Auchère, ancien directeur du théâtre de Guignol à Lyon, devient tour à tour marionnette et marionnettiste : il se raconte à travers lui-même et par la distanciation que cet effet permet, il fait de son histoire, une histoire commune à chaque spectateur. On ressort de là avec des questions plein la tête et le sourire. Car si l’histoire est dramatique, le comédien et écrivain ne cherche pas à tomber dans le pathos car son enfance a été heureuse à bien des égards notamment lorsque’il se replonge dans toutes les bêtises qu’il a faites avec Jean-Jacques, oncle qu’il croyait alors être son grand-frère. 

A travers cette pièce, qu’il considère comme un hommage à sa vraie mère, Filip Auchère espère libérer la parole des spectateurs et les faire réfléchir sur leur histoire personnelle. Il nous rappelle encore une fois, que les mots par leur substance, ont souvent la capacité de conjurer les maux du coeur. 

Olivier Ceccaldi

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A propos de l'auteur

Olivier Ceccaldi

Photojournaliste, Olivier a tout d'abord privilégié la photographie comme support pour informer notamment sur les réalités des personnes exilées face à la politique migratoire de l'Union européenne. Installé sur l'île de La Réunion depuis 2024, il travaille principalement sur les questions de société et de l'héritage.

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