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La 22ᵉ édition du Festival du film d’aventure s’achève

Ce 30 mai 2026 signait la clôture de la 22ᵉ édition du Festival du film d’aventure. 13 films projetés, offrant sur le grand écran des regards d’hommes et de femmes sur l’aventure, des récits d’expéditions en milieu sauvage avec pour point commun les relations humaines comme clé de voûte à l’aventure. Nathalie Verlinden, directrice de l’association Au bout du Rêve, organisatrice du festival, revient sur cette édition.

« Ces derniers temps, les discours se ferment, les frontières se dressent, les différences inquiètent. Dans un monde où la peur et le rejet prennent de la place, célébrer l’amour, les différences et la tolérance est peut-être la plus belle des aventures. » Parler d’aventure sous le prisme des relations humaines, et plus largement de l’amour : voici le parti pris de la 22ᵉ édition du Festival du film d’aventure, dont l’organisation revient à l’association Au Bout du Rêve, dirigée par Nathalie Verlinden.

Pendant deux semaines, projections et temps d’échange avec les invités du festival ont attiré les féru.e.s d’expéditions et passionné.e.s d’histoires au grand air racontées sur grand écran. Au total : 13 films projetés, dont trois le 19 mai dernier lors d’une soirée à Lespas culturel Leconte Delisle avec un angle particulier : « Cette soirée est dédiée à celles et ceux dont on parle peu. Les aventuriers du quotidien, ceux qui n’ont pas les moyens de partir à l’autre bout du monde, mais qui avancent malgré tout, avec courage, imagination et solidarité. Des enfants, des jeunes, des femmes et des hommes pour qui l’aventure commence là où la vie est déjà un défi. »

Car oui, partir à l’aventure, aujourd’hui, a un prix. La question du privilège entre dans l’équation, forcément, quand parfois plusieurs milliers, voire des dizaines de milliers d’euros, sont mis sur la table pour partir à l’aventure et financer la logistique de telles expéditions. La bourse 0-3000 de l’association Au Bout du Rêve est née dans cette démarche : donner un coup de pouce à des projets à qui il manque un soutien financier pour voir le jour.

« Avec une dotation globale de 3 500 € — dont 2 000 € de soutien financier et 1 500 € en bons d’achat chez ZERO 3000 — cette bourse accompagnera trois projets inspirants », peut-on lire sur le site du festival.

Nathalie Verlinden, directrice de l’association Au bout du Rêve

Quelle place est donnée à La Réunion sur le grand écran ?

Chaque année, l’objectif du festival est de partager avec le grand public les meilleurs films d’aventure de l’année. Alors, l’association va piocher au-delà des frontières réunionnaises pour la programmation. Cette année, ce sont des réalisateurs et aventuriers venus de France, d’Argentine, d’Italie, de Belgique et de Madagascar qui sont venus partager leurs récits d’aventure, lors de temps d’échange avec le public. Évidemment, la question se pose. La Réunion étant un territoire où les espaces naturels occupent une place toute particulière, où la mer et la montagne se rencontrent, et où la diversité des paysages offre une multitude d’occasions d’expédition, quelle place l’île a-t-elle sur le grand écran du festival ?

« Chaque année, on reçoit une centaine de films. On est super heureux quand on peut avoir des productions réunionnaises, mais évidemment c’est rare, car il n’y a pas tant de réalisateurs réunionnais qui partent aux quatre coins du monde, mais on en reçoit chaque année. »

Jeudi 28 mai, au théâtre Luc Donat au Tampon, la projection s’ancre autour de deux films : Oreka et Antartica Domain One. Nathalie Verlinden explique : « Pour Oreka, le caméraman réunionnais Léo Euphrasie est présent ce soir. L’année dernière, il avait présenté son film The One, sur la plage, pour l’ouverture du festival. Pendant le Grand Raid, il avait suivi le coureur Jean-Philippe Tschumi sur sa Diagonale des fous. Cette année, quatre traileuses venant de Madagascar ont placé La Réunion comme décor de leur film d’aventure avec la Diagonale des fous, et dans une production semi-réunionnaise, semi-malgache. » Le film « L’Indien à la rame » offre également à l’écran une expédition réalisée à l’échelle de l’océan Indien cette fois, où les spectateurs suivent les péripéties d’un couple, Sophie et Fanch, ayant rallié l’Australie et La Réunion, par la force de leurs bras, à la rame. « C’est une équipe réunionnaise qui a produit ce film. »

Soirée du 28 mai, Festival du film d’aventure, en présence de la directrice de Au bout du Rêve, Nathalie Verlinden des réalisateurs du film Oreka, Michel Garcia et Maxime Cabanne

Route, marche, océan et grand froid

Expéditions en Antarctique, grandes traversées à vélo, surf dans des territoires extrêmes, défis sportifs après un handicap, voici le topo des récits ayant été capturés derrière des caméras et diffusés lors de ces deux semaines de festival. Cette année, et comme les précédentes éditions, la cérémonie d’ouverture avait lieu sur la plage de Cap Homard. En journée, chasses au trésor, murs d’escalade et conférences d’aventuriers ont laissé place à la projection de trois films une fois la nuit tombée. C’est au Théâtre de Champ Fleuri à Saint-Denis, et à Luc Donat, au Tampon, que la suite des aventures fut contée. Au total, six films sont entrés en compétition pour deux prix : le prix du public et le prix des collégiens.

Car c’est aussi auprès des jeunes que les projections ont été organisées. Créer ces espaces où l’aventure est mise à l’honneur, pourquoi est-ce important ? Nathalie Verlinden partage sa vision : « Pour moi, l’aventure, c’est de ne pas faire comme tout le monde, et de ne pas faire exactement ce que la société attend de nous. Quand on a envie de vivre quelque chose de différent et qui nous tient à cœur, je trouve que c’est important de suivre ce petit truc que l’on a dans le cœur. »

Sarah Cortier

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A propos de l'auteur

Sarah Cortier

Journaliste issue d’une formation de sciences politiques appliquées à la transition écologique, Sarah est persuadée que le journalisme est un moyen de créer de nouveaux récits. Elle a rejoint l'équipe de Parallèle Sud pour participer à ce travail journalistique engagé et porter de nouveaux regards sur le monde.

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