Samuel Bollendorff © Banjamin Geminel

⏱️ Temps de lecture estimé : 5 min(s)

🎧

Samuel Bollendorff photographie l’océan et ses déchets

Samuel Bollendorff est un photographe, photojournaliste, auteur et réalisateur parisien, représenté par l’agence VU’. À l’occasion de la Semaine de la presse et des médias à l’école, il a été invité en résidence à La Réunion par l’association Solidarités & Cultures. Parallèle Sud l’a interviewé.

Quelle est la genèse du projet ?

En tant que photographe, j’ai beaucoup travaillé sur les thématiques de pollution et de climat. J’ai fait un gros travail sur le plastique et le « continent de plastique » dans le Pacifique Nord, entre Hawaï et la Californie. J’ai poursuivi sur les mers : en Méditerranée, dans l’Océan Atlantique Nord, la mer du Nord, la mer intérieure de Sato au Japon et dans l’océan Indien avec l’association réunionnaise ABYSS. J’ai aussi travaillé avec des scientifiques, dont la Fondation Tara Océan, à bord de leur goélette. J’ai fait des expositions sur la représentation de la catastrophe climatique sur les réseaux sociaux. L’an dernier, j’avais une exposition au festival Visa pour l’image à Perpignan. C’est à cette occasion que j’ai rencontré Irène Stojcic, responsable de l’association Solidarités & Cultures. Dans le cadre de la Semaine de la presse organisée par le CLEMI, cette association propose chaque année à plusieurs lycées de La Réunion d’inviter un photographe de l’Hexagone ou d’ailleurs.

Avec quels lycées avez-vous travaillé ?

J’ai proposé une résidence avec une classe de 1re du lycée Gérard Ethève (ex-lycée Stella) à Saint-Leu, pour travailler avec les élèves sur la pollution. Je suis également intervenu au lycée Paul Vergès et au lycée Évariste de Parny à Saint-Paul.

En quoi a consisté la résidence avec la classe à Saint-Leu ?

Pendant deux semaines, le projet artistique était de collecter des déchets sur la plage de la Pointe au sel, pour que les élèves puissent les photographier en studio. Ils ont créé un compte sur Instagram pour diffuser les projets pour que les élèves soient acteurs de cette sensibilisation.

Parallèlement, j’ai fait des prélèvements avec des océanographes de l’université de Saint-Denis dans l’océan pour ajouter cette série Océan indien selon le même protocole que les autres lieux que j’avais photographiés, pour alimenter mon projet intitulé « les larmes de sirènes ». Ces photographies de la mer associées au coordonnées GPS présentent exactement l’échantillon à l’endroit des paysages.

Quelles formes ont pris les productions réalisées par les élèves ?

Il n’y a pas que des photos. Il y a aussi des reportages sur les problématiques des déchets, augmentés d’interviews, sons et mises en scène qui alimenteront les chaînes sur TikTok et Instagram.

Le fait de les faire travailler avec leurs propres usages, mais qui aient du sens, fait qu’ils sont dans une zone de confort, tout en travaillant. Ces moments convoquent une quantité de savoirs : montage, programmation, IA… Ils sont hyper forts, c’est génial !

En quelques heures, certains ont produit des films avec des identités individuelles, des contenus impactants et drôles.

Aviez-vous l’habitude de réaliser ce type de projets avec des élèves ?

J’ai fait beaucoup de résidences comme ça. Ce sont des moments vraiment importants. J’aime bien travailler avec les outils des élèves, notamment leur portable, et leur propre grammaire de communication. Cela les libère de leur créativité, tout en ayant une discipline artistique. Je travaille beaucoup sur les réseaux sociaux, ce qui permet aussi d’apprendre avec les élèves. Ces échanges et cette transmission me procurent un sentiment d’utilité. Les publications sont riches de ces entrées.

J’ai l’habitude de faire des résidences pas qu’en métropole : en Espagne, en Turquie, au Luxembourg, en Algérie. Je fais souvent des résidences qui allient création de l’artiste et accompagnement de groupes d’élèves spécifiques.

Mon métier est de transmettre, par le biais d’informations, publications dans les médias et dans les espaces publics, parfois dans des espaces individuels.

Connaissiez-vous La Réunion ?

C’était la première fois que je venais à La Réunion. Pendant trois semaines, le travail mené à Kélonia sur les contenus des estomacs des tortues tous gorgés de plastique m’a permis de réaliser une série de plus pour mon propre travail. Sans rentrer dans des poncifs, j’ai trouvé cette île merveilleuse. D’autre part, j’ai pu connaître la problématique des ravines qui déversent des tombereaux de déchets dans la mer. La diversité de La Réunion est à l’image des micro-climats. Je n’ai pu qu’entrevoir des petites choses à travers les élèves. Passer deux semaines avec une classe m’a permis de mieux rencontrer une frange de la population, même si c’est une niche, un tout petit extrait de l’île. J’ai adoré travailler avec des élèves qui mélangent les mots, qui jouent autant dans le parler que l’écriture.

Quelle est la suite ?

Je reviendrai en mai pour l’exposition qui se tiendra du 22 mai jusqu’au 20 juin à Kélonia, et pour lancer les chaînes TikTok et Instagram.

Guillaume Bouvy

( Contribution extérieure )

112 vues

A propos de l'auteur

Rédaction Parallèle Sud

La rédaction de Parallèle Sud réunit des journalistes professionnels et en apprentissage à La Réunion. Sous cette signature collective, le média publie des articles réalisés à plusieurs mains ou des communiqués et informations sélectionnés, mis en forme, travaillés et vérifiés par l’équipe éditoriale. Cette mention garantit le respect de la ligne éditoriale : indépendance, pluralisme et rigueur dans le traitement de l’information réunionnaise.

Ajouter un commentaire

⚠︎ Cet espace d'échange mis à disposition de nos lectrices et lecteurs ne reflète pas l'avis du média mais ceux des commentateurs. Les commentaires doivent être respectueux des individus et de la loi. Tout commentaire ne respectant pas ceux-ci ne sera pas publié. Consultez nos conditions générales d'utilisation. Vous souhaitez signaler un commentaire abusif, cliquez ici.

Articles suggérés

S’abonnerFaire un donNewsletters
Parallèle Sud

GRATUIT
VOIR