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Contrôle à l’aéroport : le témoignage de Naomis Joseph relance le débat sur le respect des personnes transgenres 

KWAFÉ ZORDI !

Une semaine après avoir dénoncé une fouille corporelle vécue comme une agression à l’aéroport Roland-Garros, Naomis Joseph a reçu une réponse de la direction de l’établissement. Si l’aéroport assure que la procédure a été appliquée conformément à la réglementation, l’influenceuse estime que son identité et son vécu ont été ignorés. Au-delà de son cas personnel, cette affaire interroge la place accordée aux personnes transgenres face aux exigences administratives et sécuritaires.

Quand l’identité administrative prend le pas sur l’identité vécue

Dans un post publié le 27 mai, Naomis Joseph, mannequin et créatrice de contenu, partageait une agression subie une semaine auparavant à l’aéroport Roland-Garros. Dans les onze slides, elle relate un contrôle et une fouille corporelle lors de laquelle elle explique avoir demandé à ce qu’elle soit effectuée par une femme. 

Face à sa demande, répétée plusieurs fois selon son témoignage, l’agent lui dit alors : « Votre pièce d’identité fera acte de foi. » Née de sexe masculin, mais aujourd’hui femme, Naomis Joseph doit alors subir les mains d’un homme sur son corps. Elle raconte « avoir retenu ses larmes » durant la fouille et avoir ressenti une dissociation. Face à cette agression psychologique, Naomis Joseph a alors contacté la direction de l’aéroport pour comprendre pourquoi son consentement avait été bafoué lors de ce contrôle. 

La réponse est venue le lundi 1ᵉʳ juin. Dans un mail que l’influenceuse a partagé sur Instagram, la direction de l’aéroport dit « regretter vivement son mécontentement » mais assure que la procédure s’est déroulée de manière « réglementaire » conformément « à la procédure en vigueur ». Dans ce mail, la direction explique que l’agent ayant effectué la fouille n’aurait jamais prononcé les propos rapportés par Naomis Joseph, à savoir « qu’il la suivait sur les réseaux sociaux et l’avait reconnue », et que celui-ci avait recueilli son consentement préalablement à la fouille. 

« Je suis une femme, je vis comme une femme, je suis perçue comme une femme »

Suite à ce mail, Naomis Joseph dénonce une position de la direction qui ne prend pas en compte son récit et sa situation personnelle. En cette, dans le mail, il est expliqué que « la pièce d’identité faisant apparaître un genre masculin », les équipes présentes « n’avaient pas d’autre choix que de faire réaliser la palpation réglementaire par un agent masculin ». À aucun moment la direction ne s’interroge sur la nécessité qu’ont eue ses agents de devoir regarder le genre sur la pièce d’identité alors que face à eux se tenait une femme ? 

Une réponse qui nie encore une fois la situation vécue par Naomis Joseph, qui regrette que « son vécu ait été effacé au profit d’une case administrative ». Pour celle qui écrit « je suis une femme, je vis comme une femme, je suis perçue comme une femme », sa situation n’est plus seulement une histoire personnelle mais vient ouvrir un débat plus collectif. 

En effet, cette agression subie par Naomis Joseph, au-delà d’un fait individuel, révèle une véritable question de société sur la place des personnes transgenres et plus généralement non-binaires. Le genre administratif doit-il effacer le ressenti et la réalité de l’individu ? 

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