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La case démolie à la Pointe au Sel fait consensus pour les politiques

KWAFÉ ZORDI

Après la démolition partielle d’une case située à la Pointe au Sel sur ordre du Conservatoire du littoral, le maire de Saint-Leu avait dénoncé le sentiment d’impunité de l’administration et l’affaire avait ému de nombreuses personnes sur les réseaux. Depuis, la mairie de Saint-Leu a déposé une plainte et lancé un appel aux parlementaires réunionnais et ultramarins.

Rares sont les sujets sur lesquels tous les partis s’accordent, de l’extrême-droite du Rassemblement national (RN) à La France insoumise (LFI) en passant par le centre. C’est pourtant le cas de la case démolie la semaine dernière à la Pointe au Sel.

Karim Juhoor dénonçait déjà dans nos colonnes vendredi dernier un sentiment d’impunité du Conservatoire du Littoral. Dans un communiqué publié lundi, la mairie de Saint-Leu annonce qu’une plainte a été déposée et appelle à un front républicain de tous les parlementaires réunionnais pour faire toute la lumière sur cette affaire.

Une perche saisie par le duo Gaillard-Ratenon, qui, dans un courrier commun, a interpellé Monique Barbut, la ministre de la Transition écologique au sujet du conflit entre la mairie de Saint-Leu et le Conservatoire du littoral. Invitant la ministre à se pencher sur le dossier, les deux députés ont demandé une meilleure « prise en compte de nos spécificités par les services de l’État », arguant que « le passage en force n’est pas une option ».

Mais le sujet dépasse les habituelles frontières entre couleurs politiques. Après l’indignation de Karim Juhoor, dont la liste municipale avait été classée au centre de l’échiquier politique (LDVC) par la préfecture, et le soutien de deux députés LFI, c’est au tour du délégué départemental du RN de prendre position contre l’action du Conservatoire.

Jean-Jacques Morel, également conseiller régional d’opposition, a dénoncé « une brutalité administrative aveugle » et a proposé d’introduire dans le code de l’environnement « une clause de protection mémorielle et patrimoniale contraignante ».

Un sujet qui touche

Sur Facebook, les commentaires fusent, l’histoire des Futol a ému plusieurs internautes et pour cause. Dans de nombreuses familles, le seul patrimoine financier est constitué d’un terrain ou d’une maison. Bon nombre de familles réunionnaises ont connu des déboires avec les héritages, les expropriations et les problèmes de titres de propriété. Et tout un chacun connait la sensation de faire face à une administration froide toute-puissante. Cette affaire cristallise donc suffisamment d’émotions liées au patrimoine, à l’héritage et à la défiance envers les institutions pour être commentée par tous les bords politiques, avec ou sans sincérité.  

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