KWAFÉ ZORDI
Une proposition de loi portée par Frédéric Maillot et une quinzaine de députés a été adoptée en commission des affaires sociales mercredi 3 juin afin d’adapter le régime de l’intermittence aux territoires d’Outremer. La proposition sera votée jeudi 11 juin prochain.
Une proposition de loi portée par Frédéric Maillot et une quinzaine de députés a été adoptée en commission des affaires sociales mercredi 3 juin afin d’adapter le régime de l’intermittence aux territoires d’outre-mer. Frédéric Maillot, rapporteur de la commission, a d’ailleurs partagé sur son compte Facebook sa prise de parole à ce sujet où il enjoint ses collègues à se questionner sur l’importance accordée au milieu culturel avec cette phrase inspirée d’une citation célèbre : « Si la culture vous paraît coûter cher, essayez l’ignorance. »
Pour rappel, afin de bénéficier de ce régime hérité du Front populaire, le technicien, artiste ou ouvrier du spectacle et de l’audiovisuel doit pouvoir justifier de 507 heures de travail chaque année afin de recevoir son assurance chômage.
Frédéric Maillot témoigne lors de sa prise de parole en commission que certains de ses amis avaient atteint 502 heures au lieu de 507 et qu’aucune souplesse ne leur aurait été accordée pour bénéficier du régime de l’intermittence. Il dénonce un régime pensé pour l’Hexagone : « On ne souhaite pas travailler moins ou coûter plus. Il est quasiment impossible d’atteindre ces 507 heures pour un artiste musicien ou un artiste comédien sans passer par des voies détournées. Les artistes ne demandent qu’à travailler tous les jours. »
Pour Sandrine Ebrard, artiste et coach, membre du bureau de la CGTR Spektak, il est clair qu’un artiste à La Réunion n’a pas les mêmes réalités qu’un artiste sur le territoire hexagonal et le syndicat alerte depuis plusieurs années sur cette question notamment auprès de la député Karine Lebon ou de France Travail.
« Pour agrandir son champ d’action et toucher un autre public, dans l’Hexagone, on peut prendre un camion et partir.
Ici, il y a des difficultés de diffusion , on nous demande de créer mais on n’a pas suffisamment de possibilités de diffusion de nos œuvres. Les artistes n’ont d’ailleurs pas les mêmes réalités que les techniciens et techniciennes qui eux peuvent travailler sur une grande diversité de projets. On demande aussi une revalorisation des cachets pour les artistes locaux. » ajoute-t-elle.
La proposition de loi constituée de quatre articles propose une adaptation du nombre d’heures accordant le régime d’intermittence, une facilitation de la mobilité de l’outre-mer vers l’Hexagone, un soutien des infrastructures culturelles desdits territoires, et un rapport public annuel dans chaque territoire pour dresser le bilan du milieu culturel.
Elle sera présentée en séance publique jeudi 11 juin prochain.
Léa Morineau


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