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Kélonia récupère un deuxième cadavre de tortue en une semaine

KWAFÉ ZORDI !

Ce lundi 27 juillet marque le deuxième transfert d’un cadavre de tortue à Kélonia en une semaine. La première tortue décédée avait été récupérée à Sainte-Rose jeudi dernier. Cette fois-ci, c’est une flèche de harpon qui est soupçonnée d’avoir blessé l’animal, qui aurait succombé à ses blessures. Stéphane Ciccione, directeur de Kélonia, alerte sur la situation au micro de Parallèle Sud.

C’est le second cadavre de tortue que le centre de soins Kélonia récupère en quelques jours. Le premier déplacement avait eu lieu jeudi 23 juillet dernier à Sainte-Rose. La jeune tortue verte de 20 kg avait été retrouvée morte après s’être enchevêtrée dans une ligne de pêche. Ce lundi 27 juillet, l’histoire se répète, mais, cette fois-ci, la cause mortelle est tout autre. Une flèche de harpon aurait traversé la tortue au niveau des reins. L’animal juvénile de 12 kg fut pris en charge à 12 h 30 au port de Saint-Gilles par le club de plongée « Coco Boat », alors qu’il flottait à la surface, au large des Brisants, précisément à proximité du Tombant.

Elle s’appelait Nabila, avait été identifiée en novembre 2023 et n’avait été signalée qu’une seule fois après sa première identification, à la mi-juillet de cette année 2026. Ces informations sont celles qui figurent dans la base de données TORSOOI, administrée notamment grâce à la photo-identification par la structure de soins saint-leusienne. La plateforme recense des données recueillies dans 17 pays, portant sur le suivi des pontes, des mortalités et des détresses, ou encore des déplacements de ces espèces sous-marines.

Cadavre de la tortue Nabila, retournée ce lundi 27 juillet au centre de soin Kélonia. Une flèche de harpon aurait traversé la tortue au niveau des reins.
Cadavre de la tortue Nabila, retournée ce lundi 27 juillet au centre de soin Kélonia

« Les tortues enchevêtrées dans un fil de pêche ou retrouvées avec un hameçon dans la bouche et le fil de pêche coupé représentent la première cause des arrivées au centre de soins »

Les activités de pêche : première cause de mortalité des tortues

Il y a quelques jours, Stéphane Ciccione, directeur de Kélonia, alertait sur l’impact des engins de pêche actifs ou fantômes présents dans le milieu marin. Fantômes, car laissés à l’abandon par les pêcheurs, parfois involontairement. « Les tortues enchevêtrées dans un fil de pêche ou retrouvées avec un hameçon dans la bouche et le fil de pêche coupé représentent la première cause des arrivées au centre de soins. En moyenne, 35 tortues par an sont transférées à Kélonia, blessées ou tuées par des engins de pêche », déclarait le directeur. Parmi les individus arrivant encore vivants au centre de soins, 85 % sont ensuite sauvés par les équipes de professionnels.

Le premier déplacement avait eu lieu jeudi 23 juillet dernier à Sainte-Rose. La jeune tortue verte de 20 kg avait été retrouvée morte après un enchevêtrement dans une ligne de pêche.

La nécropsie, véritable scanner d’identité

Cette fois encore, c’est l’impact des activités humaines qui semble avoir ôté la vie à l’animal, même si la nécropsie n’a pas encore établi avec certitude la cause de la mort. Pour l’heure, ce sont « un impact au niveau de la jonction de la 4e vertèbre et de la 3e costale gauche et un impact au niveau de l’aine » qui étayent la piste du harpon. La nécropsie permet de trouver la cause du décès, mais pas seulement, explique Stéphane Ciccione. « On a plein d’informations intéressantes. On récupère le cadavre pour voir de quoi la tortue se nourrissait, examiner le contenu stomacal, connaître son stade de développement, savoir si c’était un mâle ou une femelle, voir son stade de reproduction, etc. »

Cette nouvelle découverte est l’occasion pour Kélonia de faire passer une nouvelle fois le message. « Les tortues marines sont des espèces protégées, mais elles sont toujours victimes des activités humaines : collisions avec les bateaux rapides, pêche accidentelle ou intentionnelle, pollution plastique… », insiste la structure dans un communiqué envoyé aux médias. Des médias qui restent, aujourd’hui encore, un moyen de mettre en lumière la problématique. « C’est aussi pour cela que l’on tient à communiquer auprès des médias chaque fois que l’on effectue un sauvetage ou que l’on vient chercher un cadavre de tortue, afin de sensibiliser », confie Stéphane Ciccione.

Sarah Cortier

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A propos de l'auteur

Sarah Cortier

Journaliste issue d’une formation de sciences politiques appliquées à la transition écologique, Sarah est persuadée que le journalisme est un moyen de créer de nouveaux récits. Elle a rejoint l'équipe de Parallèle Sud pour participer à ce travail journalistique engagé et porter de nouveaux regards sur le monde.

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