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Le bouledogue de Roches-Noires a t-il vraiment chargé le chasseur ?

COMMENTAIRE

C’était hier, 19 août, à 11 h 30, sur le site des Roches-Noires, à Saint-Gilles. Un chasseur sous-marin, harpon en main mais sans poisson, fait une rencontre surprenante. Alors qu’il était en train de pêcher dans son coin à zourites, il tombe nez à nez avec un bouledogue de « 2,5 m à 3 m, bien gras », comme il le décrit à une personne sur place en sortant de l’eau. Celle-ci nous relate la conversation le soir même.

« Le chasseur est sorti de l’eau en disant que c’était rare d’en voir un aussi gros dans si peu de fond », explique la personne ayant recueilli le récit. Alors qu’il se trouve juste derrière la barrière de corail, dans une dizaine de mètres d’eau, le chasseur aperçoit le requin, remonte à la surface, replonge : le requin est toujours là. Il remonte une deuxième fois et replonge encore, tandis que le bouledogue continue à lui tourner autour. L’animal n’est pas fuyant, pas craintif. Le chasseur, qui a pourtant déjà fait ce type de rencontres, finit par quitter le site par mesure de sécurité.

Sur le chemin du retour, il passe par le spot de surf pour « vérifier qu’il n’y ait pas de gars à l’eau ». Ce témoignage est celui donné à l’une des personnes présentes sur place à ce moment-là.

Le lendemain matin, 20 août, les informations sont délivrées sur le site Dorsal Watch, administré par le Centre Sécurité Requin (CSR), après que le signalement a été fait. Pourtant, les détails de la rencontre semblent plus sensationnels que ceux décrits par la personne nous ayant raconté l’histoire. On peut y lire : « Le requin est monté sur le chasseur, gueule ouverte, qui a dû le repousser avec son fusil. Le chasseur a ensuite essayé de faire fuir le requin en allant vers lui mais le requin est monté une seconde fois, le chasseur l’a repoussé avec son fusil. Le chasseur a regagné le bord suivi par le requin jusqu’au corail. »

Alors, est-ce que le bouche-à-oreille, induit par la transmission des informations, aurait causé la scénarisation d’un récit ressemblant davantage à un affrontement entre le requin et le chasseur ? Est-ce que les détails ont réellement été exagérés ou bien le requin avait-il un comportement dangereux ? Les signalements sont-ils toujours fidèles à la réalité ?

Difficile de démêler le vrai du faux dans ce type de situation ou de faire porter à quiconque la responsabilité d’une exagération des faits pour « faire peur ». L’enjeu de sécurité et de gestion du risque requin prévaut sur le reste. Mais soyons vigilants sur les faits et le récit qui en découle. Parfois une sardine peut se transformer en baleine et une rencontre entre un pêcheur et un requin en affiche de film d’horreur.

Sarah Cortier

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A propos de l'auteur

Sarah Cortier

Journaliste issue d’une formation de sciences politiques appliquées à la transition écologique, Sarah est persuadée que le journalisme est un moyen de créer de nouveaux récits. Elle a rejoint l'équipe de Parallèle Sud pour participer à ce travail journalistique engagé et porter de nouveaux regards sur le monde.

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