KWAFÉ ZORDI
Le Rassemblement national affirme vouloir interdire le port du voile, à la suite de multiples prises de parole ayant débuté ce dimanche 30 août. Jean-Philippe Tanguy, Jordan Bardella et Marine Le Pen ont défendu l’idée, qui devrait, selon eux, faire l’objet d’un référendum. Les élus réunionnais réagissent.
Ce dimanche 30 août 2026, le député RN Jean-Philippe Tanguy annonçait lors d’un grand oral sur le plateau de BFMTV que son parti souhaitait sanctionner le port du voile, « témoin d’une idéologie qui n’est pas compatible avec la liberté des femmes en France », s’il arrivait au pouvoir lors de l’élection présidentielle de 2027. Cette mesure serait aussi « en solidarité avec toutes les femmes à travers le monde qui sont forcées à le porter et qui meurent pour avoir cette liberté (…) ». Un argument pseudo-féministe, donc, pour soutenir la mise en place d’une amende, dont le montant n’a pour l’instant pas été communiqué, pour les femmes qui porteront le voile.
Ce lundi 31 août, Marine Le Pen réaffirme cette déclaration sur le réseau social X. « Je soumettrai aux Français par référendum une grande loi de lutte contre les idéologies islamistes avec de nombreuses mesures puissantes, y compris la pénalisation du voile islamiste dans l’espace public. »
« À La Réunion, le port du voile n’a jamais posé problème. Nous avons toujours su vivre ensemble dans le respect de nos différences, et notre diversité a toujours été notre force ! » Jean-Hugues Ratenon
Une mesure « raciste » selon Jean-Hugues Ratenon
À La Réunion, les réactions politiques ne se sont pas fait attendre. Le député Jean-Hugues Ratenon introduit le sujet, dans un communiqué diffusé à la presse ce lundi 31 août, par la question suivante : « Jusqu’où ira la stigmatisation ? » Il déclare : « À La Réunion, le port du voile n’a jamais posé problème. Nous avons toujours su vivre ensemble dans le respect de nos différences, et notre diversité a toujours été notre force ! » Cette proposition, qu’il qualifie de « raciste », porte atteinte à la liberté religieuse, mais pas seulement. Cette dernière se heurte à plusieurs principes constitutionnels tels que l’égalité des citoyens devant la loi, la liberté religieuse, la liberté d’expression et de communication consacrées aux articles 10 et 11 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen. En clair, la proposition aurait bien du mal, sur le papier, à passer le crible du Conseil constitutionnel, raison pour laquelle Marine Le Pen aurait proposé un référendum.
Jean-Jacques Morel favorable au référendum
De son côté, le délégué départemental RN Jean-Jacques Morel reprend, dans un communiqué, la déclaration de Jordan Bardella du dimanche 30 août selon laquelle « Il n’y aura pas de police du vêtement. » Ce dernier avait pourtant, dans la foulée, assuré qu’il restait favorable à ce que l’interdiction, actuellement en vigueur, des signes religieux ostensibles à l’école soit étendue à toute « la sphère publique ».
À première lecture, il semble que Jean-Jacques Morel remette en question la mesure. En réalité, il n’en est rien. L’élu réaffirme la pertinence de proposer de faire de cette interdiction le point de départ d’un « débat de société » avec un référendum. « En tout état de cause, le Rassemblement national, notamment les élus réunionnais, sauront, que ce soit dans la conception de la loi ou dans son application, faire preuve de discernement républicain. » écrit-il dans son communiqué. Mais de quel discernement parle-t-on ? La proposition de faire d’une telle interdiction l’objet d’un référendum n’est-elle déjà pas, en soi, une atteinte aux valeurs républicaines ? Alors même que le camp RN, à l’échelle nationale, semble divisé sur cette question, son représentant péi peine à s’y opposer clairement.



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