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Les travaux du forage de Ravine Creuse font débat à Saint-André

KWAFÉ ZORDI !

Ce mercredi 16 septembre, les travaux de remplacement de la pompe du forage de Ravine Creuse débutaient. L’occasion pour le groupe d’opposition Demain la Réunion de dénoncer ce qui est vu comme une « communication en trompe-l’œil qui ne règle rien ».

Ce mardi 15 septembre, la Cirest et la Cise Réunion annonçaient les travaux de remplacement de la pompe de forage de Ravine Creuse. Cette opération fait suite aux travaux déjà réalisés en 2025, où l’infrastructure avait été changée à l’identique. Cette fois-ci, pourtant, l’objectif est différent. L’opération a vocation à installer une pompe de capacité supérieure pour « augmenter la capacité de production du forage et mieux sécuriser l’alimentation en eau, notamment en période d’étiage », explique la Cirest dans un communiqué.

En clair, la capacité mobilisable du forage devrait passer d’environ 3 650 à 7 200 m³ par jour, soit jusqu’à 3 550 m³ d’eau supplémentaires mobilisables quotidiennement, notamment pour renforcer l’alimentation de Dioré, explique la Communauté intercommunale Réunion Est.

Pour autant, le projet ne fait pas l’unanimité. Dans un communiqué envoyé ce jeudi 17 septembre, le groupe d’opposition Demain la Réunion qualifie ces nouveaux travaux sur le forage de « communication en trompe-l’œil qui ne règle rien ». Le parti saint-andréen pointe du doigt l’ancienneté effective de l’infrastructure.

« Le forage a été livré entre 2008 et 2010, sous la mandature d’Éric Fruteau, après des travaux débutés en octobre 2008 et réceptionnés en juillet 2010. Il produisait déjà 7 200 m³/jour, soit une augmentation de 50 % de la capacité de production d’eau souterraine de la commune à l’époque. » Rien de nouveau sous le soleil alors ?

Sécheresse et coupures d’eau à Saint-André

Ces projets de travaux interviennent dans un contexte de tension sur l’approvisionnement en eau dans la commune de Saint-André. Jusqu’en juillet dernier, des plans de coupure privaient une partie des habitant.e.s d’un accès à l’eau du robinet. Cette fois-ci encore, la Cirest annonce que, pendant la période des travaux, les secteurs de Mille Roches, Butor, La Cressonnière, Rivière du Mât, Patelin, Ravine Creuse, littoral de Champ Borne, Grand Canal, Agénor, Colosse, Pelvoisin, Centre-Ville, Lefaguyes, ainsi que les voies adjacentes, pourraient être sujets à des baisses de pression ou à des manques d’eau ponctuels.

Ce à quoi a réagi le groupe Demain la Réunion : « Ces mêmes quartiers sont précisément ceux qui subissent les coupures nocturnes répétitives depuis juillet 2026. » Là réside un problème de fond : « 42 % de l’eau produite à Saint-André ne parvient jamais aux foyers, victime de canalisations vieillissantes et d’un sous-investissement chronique depuis 2014 », rappelle le communiqué.

Un manque de forages

Dans un tel contexte, les travaux actuels de remplacement de la pompe de forage de Ravine Creuse apparaissent insuffisants pour le groupe d’opposition, qui demande :

« La construction de nouveaux forages pour alimenter en priorité les quartiers victimes de coupures :

  • La Cressonnière, Centre-Ville, Chemin du Centre et les autres.
  • Un plan pluriannuel d’investissement spécifique à Saint-André, avec un calendrier annuel des travaux et une transparence totale sur l’utilisation des 90 millions d’euros annoncés par la Cirest.
  • La distribution d’eau en bouteille lors des coupures et un geste commercial sur la facture d’eau pour compenser les désagréments subis. »

En parallèle, Demain la Réunion revient sur ce qu’il voit comme une incohérence politique : le projet de data center. Le maire actuel, Joé Bédier, défend en effet cette nouvelle infrastructure qui viendrait, selon lui, renforcer le pôle industriel et logistique de Bois-Rouge.

Le parti de l’ancien maire Éric Fruteau ne le voit pas du même œil. « Alors que des milliers de foyers sont privés d’eau chaque nuit, la majorité continue de promouvoir un data center à Bois-Rouge, gros consommateur d’eau et d’électricité. Ce projet viendrait puiser dans une ressource déjà en concurrence entre les habitants, l’usine sucrière et la centrale thermique Albioma. »

Sarah Cortier

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A propos de l'auteur

Sarah Cortier

Journaliste issue d’une formation de sciences politiques appliquées à la transition écologique, Sarah est persuadée que le journalisme est un moyen de créer de nouveaux récits. Elle a rejoint l'équipe de Parallèle Sud pour participer à ce travail journalistique engagé et porter de nouveaux regards sur le monde.

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