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Un projet de label associant citoyens et producteurs en liste pour le BIC 2026

Réunir les citoyens, producteurs indépendants, jardiniers amateurs, agriculteurs et artistes pour soutenir une agriculture saine, durable et accessible : c’est l’objectif de « In Label Manzé la Kour ». Le projet a été déposé puis validé par le BIC pour cette 4ème édition qui verra sa phase de vote clôturée ce 30 septembre. Ce projet porté par plusieurs citoyens ainsi que l’association Konpani Galabe espère rassembler assez d’approbations afin de pouvoir compter sur le financement de la Région Réunion.

La phase de vote est bientôt clôturée pour la quatrième édition du Budget d’Initiative Citoyenne. Cette subvention du Département permet de financer – grâce à une enveloppe de 2,2 millions d’euros – des projets locaux, à but non lucratif et d’intérêt collectif, proposés directement par les citoyens. Cette année, ce sont 172 initiatives qui sont soumises au vote : un record pour le dispositif régional. Parmi elles, « In Label Manzé la Kour » attend avec impatience les résultats du concours pour structurer son projet. Le but est de « créer un label réunionnais réunissant producteurs indépendants, jardiniers amateurs, agriculteurs, citoyens, artistes pour soutenir une agriculture saine, durable et accessible » comme l’explique Jéromine Santo-Gammaire, ancienne journaliste chez nous (et membre du CA) mais ici citoyenne et porteuse du projet aux côtés de Konpani Galabe. Dans un deuxième temps, l’idée serait de créer un marché pour que consommateurs, producteurs et artistes puissent se réunir, vendre et échanger autour de l’agriculture et de l’art.

Les prémices du projet

Vidéo Instagram de Églantine Vitry à propos du projet

Églantine Vitry, graphiste et illustratrice (qui a aussi fait un passage à Parallèle Sud) qui cofonde ce projet, s’est d’abord penchée avec Jéromine sur la problématique de la leucose bovine pour réaliser une bande dessinée. Son intérêt pour la leucose bovine s’inscrit plus largement dans une attache particulière à la nature, aux plantes et au monde agricole, de par sa famille qui est « dans le milieu », dit-elle. Au fil des rencontres avec les agriculteurs et grâce à cette proximité avec la terre, l’idée de monter un label autour d’une thématique plus large a commencé à germer.

« On travaillait avec Jéromine et l’association sur un projet de BD sur l’agriculture et tout ce qui est en rapport avec la leucose bovine. À force d’aller à la rencontre des agriculteurs et en parlant autour de nous, notamment avec l’association Konpani Galabé, on s’est rendu compte qu’il n’y a pas que sur le lait que c’est intéressant de se pencher, mais que c’était l’occasion de travailler avec d’autres producteurs de fruits et légumes ».

La Konpani Galabé est une troupe de théâtre professionnelle au Tampon. Elle rassemble des artistes et professionnels du spectacle vivant et développe des créations théâtrales et culturelles, tout en menant des actions comme des ateliers, des résidences, des kabars et des festivals. Muriel et Raymonde, qui font partie de l’association, ne peuvent toutefois pas s’engager à 100 % dans le projet en raison de leur travail à côté. Par contre, la troupe abordait déjà ces thématiques dans ses pièces de théâtre. En rejoignant le projet BD porté par Églantine et Jéromine, l’association souhaite à son tour engager une réflexion autour de l’agriculture et de l’alimentation à La Réunion. Cette réflexion se poursuit aujourd’hui avec « In Label Manzé la Kour », dans lequel elle s’inscrit naturellement, à la fois pour apporter les réflexions de la troupe au projet, mais aussi pour lui donner un visage associatif. Pour autant, le cercle n’est pas fermé et Églantine invite les artistes qui le souhaitent à rejoindre l’aventure, surtout pour la deuxième phase de la création d’un marché.

Un label pour les producteurs

La première phase consisterait à créer un groupe pilote de huit à dix agriculteurs indépendants que Jéromine connaît, afin de définir les critères du label. « C’est aussi pour donner plus de visibilité à ces producteurs qui ont une façon de travailler plus respectueuse de la nature et qui ne sont pas forcément visibles ». L’idée est aussi d’associer consommateurs et artistes à cette réflexion pour construire un projet collectif. « On veut créer quelque chose qui reste vivant, mais qui n’a pas forcément besoin qu’on y consacre du temps plein », explique Églantine. Au fil du temps, d’autres agriculteurs pourraient ainsi rejoindre la démarche et obtenir le label.

Pour faire connaître cette première étape, le projet prévoit notamment des publications, vidéos, images et sondages sur les réseaux sociaux afin d’ouvrir le questionnement au public. Le projet entend par également se distinguer des dispositifs déjà existants. « Il existe déjà le label que la Région a mis en place pour valoriser le local, mais nous, on a aussi cette volonté de mettre en avant l’agriculture plus saine ».

Illustration faite par Églantine Vitry

Un marché pour concrétiser le projet

La deuxième phase doit permettre de donner une dimension plus concrète au label avec la création d’un marché. « L’idée, c’est de mettre en place, après avoir créé le label, un marché pour montrer qu’il y a du concret ». Les consommateurs pourraient y acheter les produits, mais aussi échanger avec les producteurs et les artistes dans un lieu convivial. « Ça sera aussi une façon de marquer le lancement du label et éventuellement de le faire découvrir à d’autres agriculteurs qui passeront par là ». Il pourrait s’appeler « Kabar ti bazar », mais rien n’est encore officiel.

Églantine souhaite également ouvrir cette deuxième phase à d’autres artistes. « On aimerait avoir d’autres artistes sur le projet, on est d’ailleurs ouverts à ceux qui veulent participer ». L’idée serait de proposer un marché avec presque autant d’exposants agricoles que d’artistes, ainsi qu’une scène animée en continu, avec notamment un « petit concert » annonce-t-elle, pour clôturer l’événement. Pour l’heure, le projet se concentre toutefois sur la première phase et la constitution du groupe d’agriculteurs, ce qui ne permet pas encore de donner les noms des futurs participants.

L’initiative pourrait également dépasser les frontières du Sud de l’île. Dans l’Ouest, un autre projet baptisé « Rézo la Kour » travaille sur les liens entre consommateurs, producteurs et revendeurs, notamment pour éviter les pertes dans les productions. « On a pris contact avec eux car ça rentre dans la continuité de notre projet. On essaye de s’aider pour que notre projet et le leur soient pris. Nos projets se complètent ». Une collaboration pourrait même être envisagée à terme : « Nous, on est dans le Sud, mais si ça peut aller sur toute l’île, ça serait encore mieux ».

Pour que tout ça puisse se réaliser, c’est à vous, citoyens, de voter avant le 30 septembre. Parmi les 172 projets en lice, il faut en choisir deux pour que le vote soit pris en compte.

Etienne Satre

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A propos de l'auteur

Etienne Satre

Journaliste, Etienne Satre a rejoint l'équipe en janvier 2024 en tant qu'apprenti journaliste. Il étudie à l'Institut de l'image de l'océan indien (Iloi) basé au Port.

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