⏱️ Temps de lecture estimé : 4 min(s)

🎧

Mediapart soulève la responsabilité du gouvernement dans la fabrique du bouc-émissaire d’ultragauche

KWAFÉ ZORDI !

Dans un article publié le lundi 19 octobre, Mediapart révèle, dans un article choc, la manière dont policiers et membres des services de renseignement ont reçu des directives pour faire reposer sur La France insoumise la responsabilité des pillages et dégradations qui ont eu lieu en marge des mobilisations du samedi 17 octobre. 

Dans l’édito paru ce matin dans Parallèle Sud, Franck Cellier, journaliste et rédacteur en chef, reprochait au président de la République de mentir lorsqu’il mentionnait « l’ultragauche » dans son discours prononcé le dimanche 18 octobre, l’accusant d’être à l’origine des violences. Même discours dans la bouche de certains élus de la droite et de l’extrême droite.

L’ultragauche, le coupable idéal

Pourtant, comme nous le rappelions dans nos colonnes, la procureure de Paris elle-même reconnaissait ne pas pouvoir « confirmer » que les auteurs de violences appréhendés étaient « des personnes politisées vers l’ultragauche ». Une rhétorique pourtant reprise par le Premier ministre dans la foulée face aux nombreuses critiques selon lesquelles le ministre de l’Intérieur aurait sous-estimé l’ampleur des mouvements sociaux du 17 octobre. 

Dans un article publié le lundi 19 octobre, Mediapart relève une récurrence de ce discours de la part de l’exécutif qui rappelle ceux tenus lors des mobilisations lycéennes. Le 28 septembre, c’est le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez qui fustigeait l’irresponsabilité d’élus LFI qui participaient à ces mouvements. Samedi dernier, il déclarait encore que « ce qui est certain, c’est qu’on a repéré partout sur le territoire national énormément de militants de l’ultragauche » présents pour « parfois faire le coup de poing ». 

Face aux déclarations de la procureure de Paris, il niait la réalité, assurant que « les ultragauches, qui ont l’habitude de ces types d’événements, ont évité de se faire interpeller. » Il était bien sûr suivi dans sa version par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, qui affirmait que « les factieux d’ultragauche qui vont vouloir déstabiliser les institutions » sont l’une des menaces principales de la France. 

Des consignes et un récit écrit d’avance

Pourtant, Mediapart affirme avoir consulté des échanges écrits dans lesquels un commissaire du renseignement territorial (RT) confirme que des instructions sont données pour écrire dans leurs rapports, contre toute véracité des faits, que « LFI est derrière le mouvement ». « Il y a des choses indicibles, mais quand on nous demande texto d’écrire que c’est LFI qui est derrière le mouvement alors que c’est objectivement faux de l’avis général des RT, forcément on a des décisions politiques », peut-on lire dans l’article. 

Mediapart cite également le témoignage d’un responsable national d’une organisation syndicale de police qui s’étonne des accusations contre LFI : « Je ne vois pas ce qu’a à voir LFI dans ce fiasco. C’est dangereux de politiser ainsi un échec aussi grossier et surtout de ne pas assumer l’entière responsabilité », explique le responsable syndical qui précise que « pourtant il (je) ne porte pas LFI dans son cœur ». 

Un échec prévisible 

Un échec de la politique sécuritaire de l’État qui était pourtant prévisible cette fois-ci selon le média Intelligence Online cité par Mediapart. Selon l’article cité, la Direction nationale du renseignement territorial « n’a cessé depuis de longs mois d’alerter l’exécutif sur un embrasement à venir et du retour du mouvement des Gilets jaunes dans une forme différente et potentiellement plus violente ». 

Un préfet interrogé évoque « des gosses » en parlant des casseurs et d’une réalité qui démontre l’échec d’une politique auprès de la jeunesse, rajoutant que « pointer la responsabilité de LFI n’est pas le bon cadrage pour le gouvernement ». À Paris et à Marseille, deux villes marquées par des pillages ce week-end, les élus s’interrogent également et posent la question qui fâche le gouvernement : pourquoi la majorité des forces de police a-t-elle été mobilisée sur les cortèges au lieu de protéger les commerces face à ces violences ? 

Une question et un échec du dispositif entourant les mobilisations qui évoquent celui du gouvernement du premier mouvement Gilets Jaunes déjà sous la présidence d’Emmanuel Macron. Pour un résultat dont on se souvient : des revendications et un mouvement populaire jamais écoutés ni entendus et des centaines de personnes blessées durablement. 

Olivier Ceccaldi

12 vues

A propos de l'auteur

Olivier Ceccaldi

Photojournaliste, Olivier a tout d'abord privilégié la photographie comme support pour informer notamment sur les réalités des personnes exilées face à la politique migratoire de l'Union européenne. Installé sur l'île de La Réunion depuis 2024, il travaille principalement sur les questions de société et de l'héritage.

Ajouter un commentaire

⚠︎ Cet espace d'échange mis à disposition de nos lectrices et lecteurs ne reflète pas l'avis du média mais ceux des commentateurs. Les commentaires doivent être respectueux des individus et de la loi. Tout commentaire ne respectant pas ceux-ci ne sera pas publié. Consultez nos conditions générales d'utilisation. Vous souhaitez signaler un commentaire abusif, cliquez ici.

Articles suggérés

S’abonnerFaire un donNewsletters
✕
Parallèle Sud

GRATUIT
VOIR