Cette 78e édition du Tour Cycliste est lancée à toute vitesse sur le vélodrome Gabriel Chéfiare. Bénévoles, organisateurs, accompagnateurs et coureurs, Parallèle Sud s’est faufilé dans ce peloton pour recueillir quelques témoignages et prendre la température.
Tout commence aux alentours de 10h pour cette première étape au « Gabriel Chéfiare », où bénévoles et organisateurs s’activent pour la préparation de ce contre la montre individuel. Félix Blondel est un habitué des courses. Il a été coureur au VCE il y a de ça plusieurs décennies, a lui-même participé au Tour Cycliste, et prête main forte sur cette édition en tant que responsable logistique pour le prix de la montagne. Même s’il n’y a pas de maillot à pois décerné aujourd’hui car c’est un chrono sur piste, il est là, prêt à aider et à installer les chaises face au podium. Le bénévole nous explique entre deux coups de main le système de classement au maillot par points pour le maillot de la montagne : « Selon la difficulté de la montagne, on attribue plus ou moins de points. Il y a des cols catégories 1, 2 ou 3, et des cols hors catégories. Moi je pars en amont des étapes pour installer le dispositif dans les cols, et quand les commissaires arrivent tout est prêt. Ensuite on repasse derrière et on enlève tout. »
Pour lui, les étapes qui vont départager les grimpeurs seront celles de Petite-Île, un contre la montre individuel de 9,8 km, et celle de samedi qui arrive en hauteur à Trois-Bassins. Qui pour la gagne du maillot à pois ? Il ne sait pas encore, Félix rappelle que dans « 90 % des cas, le gars qui gagne le maillot jaune, il frôle le maillot à pois ».
C’est d’ailleurs l’un des reproches parfois adressés au Tour de France. Par exemple, Tadej Pogacar a remporté trois maillots à pois en plus de ses cinq maillots jaunes. Le système de points et de classement des cols laisse parfois peu d’opportunités aux grimpeurs qui font du classement de la montagne leur principal objectif.
Au niveau de l’organisation, Michel Bénard nous l’avait dit lors des préparatifs, la sécurité sera irréprochable. Alexandre Develay, le chef de l’escadron de gendarmerie nous donne quelques précisions sur les étapes qui arrivent : « On est là pour assurer la sécurité du Tour sur les 6 étapes (hors prologue sur vélodrome et contre la montre à Petite-Île). On sera 10 motards pour accompagner le peloton. Le but c’est de créer une bulle de sécurité, non seulement celle des cyclistes mais aussi des autres usagers de la route, notamment sur les ronds-points et les intersections sensibles. » Le chef d’escadron explique qu’il y a un « schéma tactique à adopter » notamment faire partir des motos bien en amont de la course pour aviser les usagers de la route et ainsi les bloquer avant le passage des coureurs. « On a également des motos qui sont prêtes à prendre un ou plusieurs groupes en fonction des échappés » ajoute-t-il.
Un peu plus loin sur le vélodrome, c’est un sourire qui attire notre attention. Celui de José Achille, un arbitre de la course venu de Maurice pour l’occasion. L’homme est aussi un ancien coureur puis entraîneur de l’île sœur, passionné par le cyclisme. Il dit venir aider de temps en temps le collège des commissaires sur le Tour et quelques fois au cours de l’année au mois de juin. « Le rôle des commissaires c’est permettre une régularité et un respect de toutes les règles de l’épreuve. Si on déroge de ça, l’arbitre est là pour mettre tout le monde sur le même pied d’égalité » explique l’arbitre. Parmi les choses interdites et sanctionnables sur la course, il y a bien sûr le casque : il doit être obligatoirement attaché pour la sécurité de tous, ou encore le dossard qui doit bien être accroché pour permettre aux commissaires d’identifier à tout moment n’importe quel coureur. Même si ces points « n’influent pas sur la course » dit-il, ils peuvent mener à une amende ou à un rappel.
Aussi, des zones de ravitaillement sont définies sur le tracé de chaque étape au bout des 30 premiers kilomètres. Les coureurs n’ont pas le droit de se ravitailler en dehors de ces zones, sauf perte du bidon, auquel cas il faut se référer aux commissaires qui sont dans les voitures suiveuses pour en demander un nouveau.
Au micro sur chaque arrivée, c’est Gaétan Rocher. Un cycliste confirmé qui courait sur le Tour il y a encore deux ans. Il a animé 7h de course sur ce prologue aux côtés de Michel Bénard, l’organisateur. Présentation des équipes et des étapes à venir, des partenaires, du palmarès des coureurs, cet exercice demande de la préparation, mais aussi de la passion. Le speaker explique : « Je suis amoureux du cyclisme, même si je fais d’autres manifestations sportives, le vélo c’est particulier. Y’a des coureurs que je ne connais pas, donc je regarde ce qu’ils ont fait sur les deux dernières années ».
L’ouverture de ce Tour Cycliste 2026 s’est faite de la manière suivante : les 78 coureurs se sont élancés 2 par 2, en duel, chacun d’un côté de la piste pour réaliser le meilleur temps. L’ancien coureur du VCE, qui est aujourd’hui sur le podium d’animation, nous confie que chaque duel de ce prologue a été préparé en fonction du niveau des coureurs, « pour mettre un peu de piment dans les courses ».
Le prologue de ce lundi 3 août c’est une mise en bouche des étapes à venir. Il sert surtout à distribuer 4 maillots distinctifs à savoir :
- le maillot jaune. C’est le premier du classement général, à savoir Tristan Hardy le jeune mauricien de 18 ans qui a bouclé les 3,3 km en 3 minutes et 54 secondes (50,15 km/h de moyenne). Une performance impressionnante pour son âge.
- le maillot rouge du classement par points au général, remporté aussi par le Mauricien mais donné par procuration à Anthony Pothin, deuxième de l’étape en 4 minutes pile.
- le maillot blanc du meilleur jeune, encore par Tristan Hardy mais porté par Solal Bénetière, coureur dans l’entente entre une équipe mauricienne (VCJCC) et une équipe parisienne (PCO).
- le maillot noir du meilleur vétéran que portera sur la deuxième étape Ulrich Marcy, qui termine en 4 minutes et 7 secondes.
Le premier maillot à pois sera lui disputé demain, dans une étape avec plus de relief qu’aujourd’hui, bien qu’elle reste assez plate comparée aux vraies étapes de montagne dans les jours qui suivent.
On se retrouve demain en immersion dans le staff de Sainte-Clotilde pour l’étape suivante qui reliera Saint-Denis à Sainte-Suzanne en 98,2 kilomètres.
Etienne Satre














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