Vaches du plateau Kerval à Mafate

Qui assainira les cheptels malades de leucose bovine?

ELEVAGE

Emmanuel Macron s’y est engagé lors de sa dernière visite à la Réunion en octobre 2019 : la leucose bovine sera éradiquée sur l’île en quatre ans. Mais qui aura réellement la charge de mettre cette tâche complexe en application?

Pour rappel, 81% des vaches 🐂 destinées à la production de lait sont contaminées à la Réunion, contre 14% des boeufs produits sur l’île pour notre consommation de viande. Ce dernier chiffre serait passé à 5% selon la Sica Revia.

Plusieurs éleveurs ont reçu récemment notification par la Préfecture de l’infection de leur cheptel. « Ils vous appartient de mettre en oeuvre les obligations fixées au présent arrêté, notamment en matière de biosécurité et de lutte contre les insectes vecteurs », indique le courrier.

Ces mesures de police sanitaire issues de l’arrêté ministériel du 31 décembre 1990 impliquent : le recensement des animaux présents sur l’exploitation, l’exécution de prises de sang, l’isolement et la séquestration des bêtes atteintes. Il est ainsi explicitement interdit aux éleveurs de vendre des animaux, ceux-ci ne peuvent quitter l’exploitation qu’en prenant le chemin de l’abattoir ou, déjà mort, en direction de l’équarrissage. Il est également proscrit d’accueillir sur l’exploitation des animaux en provenance d’autres cheptels. 🚨🚔 Le courrier menace les éleveurs de sanctions pénales si les mesures ne sont pas respectées.

« Faut-il attendre que les vaches meurent une par une? »

➡️ Résultat : des éleveurs, comme Jean-Paul Bègue sur la vidéo, ne voient pas d’issue possible et se demandent s’ils vont devoir attendre que leurs vaches meurent naturellement une par une. « Où vont les vaches qui partent à l’abattoir? » s’interroge M. Bègue. Il se demande aussi comment les éleveurs, déjà en peine, pourront être capables de séparer leurs bêtes en deux troupeaux et construire de nouvelles infrastructures.

L’Adefar, l’association de défense des agriculteurs de la Réunion, de son côté, se pose plusieurs questions, notamment au sujet de la capacité de la Sica Lait a faire naître des génisses saines en quantité suffisante pour remplacer les vaches laitières contaminées.

Nous avons posé les questions à Préfet de La Réunion pour en savoir un peu plus sur le plan prévu et l’accompagnement de l’Etat. Elle nous a indiqué avoir transféré notre demande au service concerné. Nous vous transmettrons ses réponses dès qu’elles nous serons parvenues.

Jéromine Santo-Gammaire

A propos de l'auteur

Jéromine Santo Gammaire

En quête d’un journalisme plus humain et plus inspirant, Jéromine Santo-Gammaire décide en 2020 de créer un média indépendant, Parallèle Sud. Auparavant, elle a travaillé comme journaliste dans différentes publications en ligne puis pendant près de quatre ans au Quotidien de La Réunion. Elle entend désormais mettre en avant les actions de Réunionnais pour un monde résilient, respectueux de tous les écosystèmes. Elle voit le journalisme comme un outil collectif pour aider à construire la société de demain et à trouver des solutions durables.

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