Avec Kaloune, rap et fonkèr font bon ménage

[Can You Dig Dig Ségadélik]

Don Korto est musicien de hip hop et collectionneur de disques de sega, de 45 tours venus de tout l’océan Indien. Tout naturellement, Ségadélik, son groupe, mixe les deux styles musicaux. « Depuis le confinement, il n’y a plus de concert, nous avons alors pensé à autre chose. Et c’est le mur de la terrasse de notre chanteur, peint par le graffeur Vincent Box, qui nous a donné l’idée », explique le producteur musicien.

L’idée, c’est de faire s’exprimer un artiste sur un son créé pour lui devant le graff comme unique décors. Ce peut être un chanteur, mais tout aussi bien un danseur, un poète ou même un plasticien. Samedi dernier, le quatorzième épisode a vu Kaloune s’essayer à l’exercice. « Pendant la première saison, on a surtout fait appel à notre entourage, il y a eu beaucoup de rappeurs, Aska, Jaouex, les danseurs du 974 All Stars, on pense à l’avenir à Soko lo kaf, ou encore à Maya Kamaty », indique Don Korto, qui élargit le projet à toutes les sensibilités.

Kaloune écoute la bande son, un mix réalisé à base de samples de Zanmari Baré pour la rythmique, et de la voix de Christine Salem, aérienne. Les deux sont méconnaissables, et l’ensemble une bonne base pour enflammer les dancefloor. La chanteuse panonnaise dispose de quelques minutes pour puiser dans le disque dur interne de son répertoire et poser quelques paroles sur la musique. « Nous misons sur la spontanéité », souligne Joris, l’ingénieur du son.

La chanteuse s’installe au micro, en deux prises c’est plié. Et bien plié. On a déjà l’envie d’écouter le morceau en boucle et l’espoir de la réouverture des boîtes de nuit pour en profiter à plein.

« Je viens rencontrer de nouvelles personnes, il faut créer des liens pour vivre », explique Kaloune. Qui apprécie tout autant dans la démarche d’avoir à s’adapter, tout comme la musique l’a été pour elle.

Philippe Nanpon

La chanteuse, qui reconnait ne pas avoir jusqu’ici beaucoup enregistré, multiplie les projets. Ce vendredi sort un morceau enregistré avec les Mauriciens de Babani Records en collaboration avec l’artiste autralien Ribongia, Mon Kèr (Jo Bissa’s remix). En attente par ailleurs, un autre enregistrement, cette fois avec Cyril Atef (batteur de Bumcello) sortira quand les conditions sanitaires le permettront.

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