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Célébration de la Journée du 8 Mars : de la symbolique aux réalités

LIBRE EXPRESSION – La Journée Internationale des Droits des Femmes, célébrée chaque 8 mars, est bien plus qu’une simple date dans le calendrier : elle est le fruit d’un combat politique et syndical, né au début du XXe siècle.

Portée par des figures emblématiques comme Clara Zetkin et Rosa Luxemburg, cette journée s’enracine dans les luttes ouvrières et féministes pour l’égalité et la justice sociale. Elle rappelle que chaque droit acquis a été arrachée par des décennies de mobilisation, souvent dans l’adversité. Cette journée est un hommage à ces combats, mais aussi un rappel que l’émancipation des femmes est indissociable de la lutte pour une société plus juste.

Cependant, il est crucial de ne pas se contenter des symboles. Si des progrès ont été réalisés, ils restent inégaux et incomplets. Les lois sur l’égalité salariale ou la parité en politique existent, mais leur application varie considérablement selon les territoires et les milieux sociaux. Le 8 mars doit être l’occasion de transformer ces avancées en réalités tangibles pour toutes les femmes, sans exception. Il s’agit de garantir un accès effectif à l’éducation, à la santé, à un emploi décent et à une vie sans violence. C’est aussi l’opportunité de mesurer le chemin qui reste à parcourir, car les inégalités persistent, que ce soit dans les écarts salariaux, la sous-représentation dans les instances dirigeantes ou les violences qui frappent encore trop de femmes.

La protection des femmes dans la sphère familiale est une urgence qui ne peut plus être ignorée. Les féminicides, souvent commis par des conjoints ou ex-conjoints, sont une tragédie qui se répète trop fréquemment. L’alcool, qui désinhibe et aggrave les tensions, joue souvent un rôle dans ces drames. Ces violences ne sont pas des fatalités, mais le résultat d’une société qui tolère encore la domination masculine. Protéger les femmes, c’est leur garantir un accès effectif à des hébergements d’urgence, à un accompagnement juridique et psychologique, et à une autonomie financière. C’est aussi éduquer dès le plus jeune âge au respect et à l’égalité, et lutter sans relâche contre les addictions qui aggravent les risques.

Enfin, il est essentiel de reconnaître et de soulager la charge mentale qui pèse sur les femmes. Elles assument encore majoritairement les tâches ménagères, l’éducation des enfants et la gestion du quotidien, tout en faisant face aux défis posés par les écrans et les nouvelles technologies. Chérir les femmes, c’est leur offrir des conditions de vie où leur santé, leur épanouissement et leurs droits ne sont plus sacrifiés. C’est briser les obstacles qui les empêchent d’accéder aux postes à responsabilité, partager équitablement les tâches domestiques, et leur permettre de vivre pleinement, sans culpabilité ni épuisement. Le 8 mars n’est pas seulement une journée de célébration, mais un appel à l’action pour que chaque femme, où qu’elle soit, puisse enfin respirer, rêver et s’épanouir.

Youssouf Omarjee

Photo de couverture : Manifestation du 8 mars 2025 à Saint-Denis, © Olivier Ceccaldi

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