Ce jeudi 29 janvier, les sénateurs examineront un projet de loi visant à lever l’interdiction d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures, d’ici à 2040 dans les territoires d’outre-mer. Soutenu par un petit groupe de sénateurs du groupe macroniste (RDPI) et des Républicains, le projet législatif vise à pouvoir exploiter les réserves pétrolières guyanaises et le potentiel gazier du canal du Mozambique. Le collectif Alerte Océan Indien alerte une nouvelle fois sur les conséquences d’une telle loi.
Ce serait comme enfoncer le couteau dans la plaie. Une plaie déjà ouverte et profonde : celle du dérèglement climatique. La température de l’air et de l’eau augmente, tout comme le niveau des océans. Le cycle de l’eau se dérègle, les sécheresses et les cyclones s’intensifient… Nous y sommes, déjà. Ce n’est plus un futur proche, nous y sommes. Et nous savons ce qu’il faut faire pour ralentir le phénomène, et tenter de l’arrêter même. L’enjeu est de taille puisque l’on parle de la survie du vivant, avec un grand V. Alors, lorsque l’on apprend que peut-être, ce jeudi 29 janvier, les sénateurs approuveront une loi dédiée à lever l’interdiction d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures dans les territoires d’outre-mer, ce serait comme enfoncer le couteau dans la plaie.
Un recul législatif aux conséquences désastreuses#
Cette loi, examinée jeudi 29 janvier, vise en fait à abroger la loi Hulot de 2017 ayant instauré cette interdiction d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures d’ici à 2040. Une avancée qui avait fait suite, notamment, aux accords de Paris et à leurs objectifs de « limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré d’ici à la fin du siècle ».
Pourtant, au nom des réserves de pétrole guyanaises et du potentiel gazier du canal du Mozambique, le sénateur (RDPI) de Guyane, Georges Patient, ainsi que d’autres élus des territoires d’outre-mer, entendent bien faire machine arrière. Mais le prix de cette régression écologique, nous ne le connaissons que trop bien. Plusieurs associations environnementales, dont Alerte Océan Indien, avaient déjà dépeint les conséquences d’un tel projet, tant d’un point de vue environnemental que social, et ses impacts jusque dans la zone de l’océan Indien, comprenant La Réunion.
La sphère associative tente de faire face #
Aujourd’hui, à l’heure où l’urgence écologique se mêle à l’appât du gain, encore et toujours, le collectif Alerte Océan Indien reprend la parole pour tirer, une nouvelle fois, la sonnette d’alarme. Si cette loi devait être adoptée au Sénat, les conséquences seraient dramatiques, rappelle le communiqué du collectif, publié le 27 janvier 2026.
Communiqué du collectif Alerte Océan Indien #
« Stop au projet gazier de TotalEnergies dans le canal du Mozambique
Le corpus scientifique est sans ambiguïté : pour maintenir une chance de limiter le réchauffement mondial à 1,5 °C, aucun nouveau projet d’exploitation de pétrole ou de gaz ne peut être réalisé.
L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) confirme que les réserves d’énergie fossile exploitées sont largement suffisantes pour répondre à la demande, compte tenu de la baisse de la consommation.
Jeudi 29 janvier, les Sénateurs doivent se prononcer sur une proposition de loi visant à lever, dans les territoires d’outre-mer, l’interdiction d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures.
Cette proposition de loi entre en contradiction directe avec la position défendue par la France sur la scène internationale, où elle se présente comme un pays moteur de la transition énergétique, favorable à une sortie des énergies fossiles.
Pour les mêmes raisons, le soutien de l’État Français au projet gazier de TotalEnergies est une aberration. Au Mozambique, ce projet a suscité l’opposition des riverains, qui ont été délogés par des nervis à la solde de la multinationale. Celle-ci devra répondre de plusieurs meurtres devant la justice.
L’extraction et la liquéfaction du gaz naturel émet une énorme quantité de gaz à effet de serre qui, en retenant le rayonnement solaire dans l’atmosphère, réchauffe l’océan et provoque, par effet domino, une augmentation de l’intensité des évènements climatiques (canicules, sécheresses, cyclones, fortes pluies…).
En juillet 2025, la plus haute juridiction de l’ONU, qui siège à La Haye, a rendu un avis consultatif historique. Elle a conclu que les Etats qui violent leurs obligations climatiques commettent un acte « illicite » et peuvent se voir réclamer des réparations par les pays les plus affectés. Les législateurs, avocats et juges du monde entier peuvent s’en saisir pour attaquer en justice les Etats qui soutiennent de nouveaux projets d’énergie fossile.
Demain, la France peut être poursuivie pour avoir permis l’exploitation de pétrole ou de gaz dans les territoires d’Outre-mer ou à proximité.
De toute évidence, le projet de TotalEnergies dans le Sud-Ouest de l’Océan Indien doit être bloqué. Si ce n’est pas le cas, les associations environnementales poursuivront en justice la multinationale et ses soutiens politiques et financiers. »
Sarah Cortier

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