Disparition probable de Run Market : à qui profite le crime ?

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LIBRE EXPRESSION

Depuis le début de l’opération de rachat de Vindémia par le groupe multinational Hayot, je n’ai pas cessé d’alerter sur les grands risques de concentration économique entre les mains d’un seul groupe ; les conséquences pour les fournisseurs locaux (éleveurs, producteurs, planteurs, agriculteurs…) ; les répercussions sur les emplois.

Des courriers aux Ministres de l’économie, des Outre-Mer ; des rencontres avec le groupe Hayot, les acteurs économiques locaux ; un rendez-vous à Paris avec l’Autorité de la concurrence : rien n’y a fait et aujourd’hui, 2 ans après, l’OPMR, dans un rapport intermédiaire relatif à l’état des lieux du marché de la distribution alimentaire à la Réunion, confirme en une phrase toutes mes craintes : « le renforcement de la concentration dans la grande distribution à la Réunion met en péril la lutte contre la vie chère, la diversité de l’offre, les fournisseurs et l’emploi local ».

Selon l’Observatoire, l’enseigne carrefour (GBH) totalise 36 à 39 % du marché. Une situation préméditée et qui, mécaniquement, a placé le nouvel acteur Run Market en situation financière très critique qui pourrait déboucher sur sa disparition avec des licenciements. Une position dominante du groupe Hayot que j’avais dénoncé et j’étais bien seul à l’époque, je le regrette, qui a eu pour conséquence : une hausse des prix qui vont encore augmenter malheureusement.

Tout cela je l’avais dit, écrit même dans une contribution que j’ai remis à l’OPMR en août 2019. Mais entre gros zozos, il y a toujours moyen de s’arranger, avais-je écrit dans un communiqué le 26 mai 2020 lorsque l’Autorité de la concurrence avait validé le rachat de Vindémia. La complicité du gouvernement à cette opération ne faisait plus de doute lorsque publiquement, lors d’une conférence de presse, l’ancienne directrice de l’ARS, Martine Ladoucette, avait remercié le groupe Hayot d’avoir offert des masques lors de la crise du coronavirus. Un acte indécent.

Et maintenant, que doit-on faire ? Ce nouveau gouvernement a promis un Oudinot du pouvoir d’achat. Pour quand ? et pourquoi faire ? Il faut arrêter avec les paroles de ministres en visite. Il faut passer aux actes avec comme objectifs : la lutte contre la vie chère ; la lutte contre la pauvreté.

Jean Hugues Ratenon, Député de la Réunion

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