Doit-on avoir peur de la Chine ?

Bruno Guigue

CONFÉRENCE PRÉSENTÉE PAR SON AUTEUR

Luniversité Maron organise, ce mois d’octobre, une conférence intitulée « Doit-on avoir peur de la Chine ? » animée par Bruno Guigue, chercheur en philosophie politique, co-auteur de « La Chine sans les oeillères » Éditions Delga, 2021. Deux séances sont programmées : le vendredi 21 octobre, 17h30 à Château Morange, 14 bd Doret, Saint-Denis et le vendredi 28 octobre, de 18h à 20h à la médiathèque Auguste Lacaussade, 601, rue de la Gare, Saint-André.

N’oubliez pas de réserver vos places par mail à [email protected]

Peut-on encore considérer la Chine sans œillères ni préjugés, sans concession ni malveillance, en la regardant telle qu’elle est et non telle qu’on voudrait qu’elle fût ?

Dès qu’ils daignent en parler, les médias occidentaux la décrivent en des termes qui oscillent toujours entre la crainte et le mépris. Assoiffée de richesses, jetant ses tentacules sur la planète, affichant un pacifisme de façade, d’une brutalité sourde qu’on soupçonne, prête à exploser, derrière les faux-semblants d’un discours lénifiant, la Chine serait comme l’ogre de la fable. Bientôt première puissance économique, elle réclamerait sa part d’hégémonie planétaire, elle voudrait imposer son modèle, promouvoir ses valeurs, s’ériger en exemple destiné à l’imitation des nations.

Cette vision d’une Chine conquérante et prosélyte est d’autant plus surréaliste que les Chinois font exactement le contraire. Persuadés que leur système est unique, ils ne cherchent à convertir personne. Qu’ils exportent des marchandises ou construisent des infrastructures à l’étranger, ils défendent âprement leurs intérêts. Mais leur ambition n’est pas de repeindre le monde aux couleurs chinoises.

La Chine a adopté un modèle de développement qui a fait ses preuves et qu’elle ne cherche à imposer à personne. Ce grand pays souverain est attaché à la loi internationale. Il privilégie la coopération gagnant-gagnant et ne se lie les mains par aucune alliance militaire. Il n’agresse aucun État, ne finance aucune organisation subversive chez les autres, ne leur inflige aucune sanction économique et ne se mêle pas de leurs affaires intérieures.

Le contraste est saisissant avec l’attitude des États-Unis et de leurs alliés européens, qui n’ont aucun scrupule à intervenir chez les autres de façon unilatérale, sous de faux prétextes et en violation de la loi internationale. L’universalisme dont se réclame l’Occident colle étroitement à ses intérêts : c’est un universel dévoyé en particulier.

L’universalisme chinois, au contraire, repose sur l’idée que la coexistence des différences est dans l’ordre des choses. Il est inclusif, et non exclusif. Tandis que les États-Unis se cramponnent désespérément à leur hégémonie finissante, les Chinois savent qu’ils sont la puissance montante et qu’il ne sert à rien de précipiter les événements. Le pacifisme de la Chine est l’envers de sa réussite économique, quand le bellicisme des USA est le reflet de leur déclin.

Bruno Guigue

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