Mohammed Ben Salmane, le prince héritier d’Arabie Saoudite

J’ai la nausée

LIBRE EXPRESSION

Après cinq ans de Macronie, d’innombrables mensonges, des privations de libertés, une pauvreté qui galope, des manifestations réprimées violemment, parfois dans le sang, une fâcheuse habitude à théâtraliser tous ses déplacements, toutes ses décisions, toutes ses interventions médiatiques, un mépris et une arrogance que peu supportent encore, je pensais qu’il était difficile de faire pire. Et bien notre président est encore capable de faire pire !  

Après avoir déjà accueilli en grande pompe en 2017, quelques semaines après son élection, un certain Poutine, qui soutenait militairement à l’époque le régime de Damas, et dont on sait désormais de quoi il est capable, aujourd’hui, il accueille un dirigeant que beaucoup d’associations, de chefs d’Etats, ont qualifié d’assassin… Parce que Mohammed Ben Salmane, le prince héritier d’Arabie Saoudite n’est sans doute pas loin d’en être un. Il a quand même commandité en 2018 l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, décapité par ses agents ! Près de 70 exécutions l’an passé en Arabie Saoudite, déjà plus de 90 cette année, ce monsieur ne fait pas « dans la dentelle ». Il ne fait pas bon s’opposer au régime !

Et notre Président le reçoit lui aussi en grande pompe à l’Elysée, avec une longue poignée de main bien appuyée devant les caméras. Parce que la situation internationale est tendue, notre président est visiblement prêt à tout. C’est vrai que le pétrole c’est vital, mais la vie, elle, visiblement, ne vaut plus grand-chose ! Il fait bon rappeler également que la France fournit de nombreuses armes à ce pays, armes utilisées en grande partie au Yemen, où plus de 400 000 personnes ont déjà été tuées, dont de très nombreux civils. Un « détail » sans doute, ce mot est très à la mode chez certains politiques…

Bien que Ben Salmane soit visé par une plainte de deux ONG pour complicité de torture, malgré de très nombreuses protestations de la part du monde politique et d’associations humanitaires, notre président « assume cette visite » déclare l’Elysée. Comment les impôts que nous payons peuvent-ils servir à recevoir ce type de dirigeant avec tous les honneurs ? Comment notre président, président de la patrie des droits de l’homme, peut-il s’asseoir à la même table que lui pour partager une discussion et des repas ? Je suis outré ! La France ne peut pas, ne doit pas s’abaisser à cela. Et pourtant ! 

Ainsi va le monde dans lequel nous vivons. La loi du plus fort dont parlait La Fontaine est désormais de mise. Quand on explique à nos enfants, à nos petits enfants qu’on doit respecter les règles, les lois, la justice, que la vie est sacrée, visiblement, nous aurions tout faux ? Alors oui, j’ai la nausée ! 

Dominique Blumberger

Chaque contribution publiée dans nos pages nous semble répondre aux critères élémentaires de respect des personnes et des communautés. Elle reflète l’opinion de son ou ses signataires mais pas forcément celle du comité de lecture de Parallèle Sud.

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