[La Kour 420] Radio Babouk, Dan’ Kartié Zac 1

Mercredi 3 juillet. Derrière le boulevard, au coeur de la Zac 1, un square accueille les habitants du quartier. Autour de la table, une partie de dominos claque en ce début d’après-midi. Dans la salle de l’ancien Case, les dames jouent au loto kine. Interdiction de déranger. Aux fenêtres, un drapeau français. Non, ce n’est pas politique, « c’est pour soutenir l’équipe de France à l’Euro », nous dit-on.

Tout le monde attend l’arrivée de radio Babouk, web radio de la Friche du Port, pour son émission Dan’ Kartié, qui donne la parole aux habitants pour parler de leurs quartiers. Même si le studio est mobile, ce sont ses animateurs qui reçoivent et viennent avec boissons et biscuits. 

Le premier à se prêter au jeu, Djamil, doit se prononcer sur l’événement à venir, Jazz dan’ Port. Eric, l’animateur, explique que 80% des concerts seront gratuits. Djamil n’aime que les chanteurs français, « sauf Sinaman ». Le suivant, c’est Roro, Rowan que tous le quartier connaît pour son « free style ». « Tu te dis timide, mais tu te débrouilles très bien », rassure Eric l’animateur. Roro a entendu parler du festival et ira voir Pix’L, un amis d’enfance.

Autour, nombreux sont ceux qui filment la scène en live pour leurs réseaux sociaux. Surtout qu’Adriana va prendre la parole. Comme les autres, la jeune femme souligne que, la Zac 1, « c’est comme une famille ». Gramoun, c’est comme ça que l’appellent ses voisins, est « un kasèr d’kui ». L’homme a la blague facile. Puis Lyse-May prend le micro. C’est le jour de son anniversaire, ce que les gars du quartier ne manquent pas de lui rappeler. Avec une voix très sensible, la jeune femme entreprend de reprendre un morceau composé par les membres de sa famille, qui se sont fait connaître sous le nom de Kalib 420. Elle parle aussi du quartier d’avant, d’avant la RHI. Les plus petites ruelles ont disparu, les logements sont rénovés, les habitants sont restés. 

Entre verres de jus de fruits et biscuits, Freddy, il y en a toujours un comme ça, lance des propos incohérents, à chaque fois sermonné par ses camarades. 

Adriana reprend le micro, Roro aussi, pour envoyer quelques chansons sur les ondes. Les autres discutent, écoutent, racontent leur vie aux journalistes. A l’intérieur du Case, qui a échappé jusqu’ici à la rénovation, les dames terminent leur partie. Imperturbables.  

PhN

A propos de l'auteur

Philippe Nanpon | Journaliste

Déménageur, béqueur d'clé dans le bâtiment, chauffeur de presse, pompiste, clown publicitaire à roller, après avoir suivi des études d’agriculture, puis journaliste depuis un tiers de siècle, Philippe Nanpon est également épris de culture, d’écologie et de bonne humeur. Il a rejoint l’équipe de Parallèle Sud pour partager à la fois son regard sur La Réunion et son engagement pour une société plus juste et équitable.