KWAFÉ ZORDI !
La Chambre régionale des comptes estime le déficit de l’exercice de l’année 2025 pour la commune de Sainte-Suzanne à 5,2 millions d’euros. La mandature de Maurice Gironcel est mise en cause, et les réponses politiques ne tardent pas à se faire entendre.
5,2 millions d’euros. C’est le montant du déficit annoncé par la Chambre régionale des comptes quant à l’exercice de l’année 2025 pour la commune de Sainte-Suzanne. L’avis de contrôle budgétaire date du 30 juillet dernier, après que le préfet a saisi la structure, en constatant, dans l’exécution de son budget de fonctionnement, un déficit largement supérieur à celui toléré par le Code général des collectivités territoriales. Dans le document publié début août, le déficit est estimé à 12,6 % des recettes de la section de fonctionnement.
Et ce n’est pas tout. Le document traite également du budget annuel actuel, qui, dans l’article 3, est jugé insuffisant : « Le déficit n’est pas résorbé au sein du budget supplémentaire 2026. » Le déséquilibre persistant, serait alors de 8,7 millions d’euros.
Un déficit qui retombera sur les impôts des habitant.e.s ?
Mais alors, dans une telle situation, qui paie le prix du déficit ? Les élus du groupe d’opposition de Sainte-Suzanne, menés par le député Frédéric Maillot, alertent sur le danger qui repose sur les habitant.e.s de la commune, dans un communiqué envoyé ce jeudi 13 août. « Face à cette situation, la CRC préconise une hausse uniforme de 33,8 % des impôts locaux (taxe foncière sur le bâti, le non-bâti et la taxe d’habitation sur les résidences secondaires), étalée jusqu’en 2029. » C’est en effet dans un plan pluriannuel étalé de 2027 à 2029 que la Chambre incite à un redressement financier. Par exemple, la Chambre appelle à limiter les opérations d’équipement aux travaux de maintenance urgents ainsi qu’aux travaux pour lesquels la commune bénéficie de cofinancements pour un montant total de 780 000 €.
Sur ce point, le député et candidat perdant aux dernières municipales face à l’actuel maire Alexandre Laï-Kane-Cheong tire la sonnette d’alarme. « Concrètement, si rien ne change, les familles et les propriétaires de Sainte-Suzanne pourraient voir leurs impôts locaux augmenter de plus d’un tiers dans les prochaines années. C’est une hausse considérable pour des ménages déjà confrontés à un coût de la vie élevé, dans une commune où le taux de pauvreté dépasse 30 %. »
Quelle gestion politique du problème ?
Par déduction, le déséquilibre financier pointé par la CRC est imputé à la mandature de Maurice Gironcel, ayant remporté les élections de 2017, puis de 2020. Mais alors, en 2023, déjà, un rapport de la Chambre régionale des comptes avait mis en lumière une « situation financière dégradée ».
Puis s’en est suivi l’épisode de l’affaire du Syndicat intercommunal d’électricité du département de La Réunion. En septembre 2025, le maire, encore en poste, est reconnu coupable de corruption et de favoritisme dans l’affaire des marchés truqués du Sidélec. Il se verra alors infliger une peine de cinq ans d’emprisonnement, dont trois avec sursis, 60 000 euros d’amende, cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire et la confiscation des montants saisis sur ses comptes bancaires, soit près de 7 000 euros.
Quelle réponse politique est faite à Sainte-Suzanne ? Les élus du groupe d’opposition déclarent dans leur communiqué que « depuis son élection, le maire de Sainte-Suzanne et son équipe affirment vouloir éviter toute hausse d’impôts “à tout prix”. Nous l’interpellons aujourd’hui : quel est le plan alternatif, chiffré et crédible, pour redresser les comptes sans faire payer les habitants ni sacrifier les services publics de proximité (écoles, associations, événements culturels) ? »
Le maire Alexandre Laï-Kane-Chéong a affirmé rejeter la proposition de la Chambre de faire reposer ce redressement sur les impôts des contribuables.
Sarah Cortier



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