[Législatives] Le bal des faux c…

FRONT RÉPUBLICAIN ?

Au fil des communiqués, nous lisons avec effarement les politiques qui “font confiance à leurs électeurs” qui ne le sont plus, et avec bonheur ceux qui assument leur engagement.

Ah, il est beau le « front républicain ». Et tous ceux qui abandonnent la seconde partie du slogan au profit du début. Dans l’Hexagone, le Premier ministre a appelé du bout des lèvres au désistement de ses troupes en cas de troisième place dans une triangulaire et a demandé à leurs électeurs de faire barrage au Rassemblement National. Mais le président de la République, son ministre de l’Économie Bruno Le Maire, tout comme Édouard Philippe, ancien Premier ministre, veulent choisir en fonction de qui sera l’adversaire du RN. Pour ceux-là, c’est ni RN ni LFI mais, pour la gauche social-démocrate, ça va. Il faut rappeler ici que le Conseil d’État classe le RN à l’extrême droite, mais LFI simplement à gauche. L’extrême gauche est constituée en effet des partis qui prônent la prise du pouvoir par la rue, pas par la voie électorale.

Localement, rares sont ceux de la droite et du centre à donner des consignes de vote claires, de peur de s’aliéner une partie de leur électorat dans deux ans, aux municipales. Comme les pontes de la politique nationale, ceux qui ne se positionnent pas clairement contre la peste brune seront complices des crimes à venir. Déjà la presse et les réseaux sociaux se font l’écho d’agressions racistes, physiques ou verbales, qui émanent de l’extrême droite. Qu’en sera-t-il demain ?

Nathalie Bassire, Gino Ponin Ballom ou Jean-Yves Morel « laissent leurs électeurs libres de leur choix ». Encore heureux qu’on ne les oblige pas avec un pistolet sur la tempe ! Mais ne serait-il pas pertinent qu’ils nous disent où va leur préférence, la leur ?

Image générée par DALL_E

Ailleurs, David Lorion, Emmanuelle Mussard, Serge Hoareau et Michel Fontaine rappellent « les valeurs fondamentales qui sont les nôtres et qui nous unissent : la défense de la République et de la démocratie » et invitent leurs électeurs à « faire votre devoir de citoyen et aller exprimer votre choix ce dimanche 7 juillet ». Dans le Quotidien, on les voit poser devant une croix de Lorraine. Pauvre Général, comprenne qui pourra.

Mathieu Hoarau, maire de l’Étang-Salé, se moque de son adversaire et prédécesseur Jean-Claude Lacouture dans un communiqué mais parle de deux extrêmes et refuse de donner des consignes de vote.

Heureusement, quelques-uns ont du courage et font preuve d’un peu de discernement. Comme Imrhane Moullan, « Gaulliste et chiraquien, encarté au RPR à l’âge de 18 ans, je ne trahirai ni mes valeurs humanistes ni mes convictions personnelles. Si le 2nd tour avait opposé la Droite républicaine et la Gauche, je n’aurais pas donné de consigne de vote. Mais dans le contexte actuel, c’est tout naturellement et en responsabilité que j’appelle à faire barrage au Rassemblement National au 2nd tour ». Tout comme Vincent Defaud, référent départemental de Génération Écologie La Réunion, ou Giovani Payet de La Voix citoyenne. Et si Patrice Selly, maire de Saint-Benoît, a officiellement appelé à voter contre le RN et donc pour Ratenon, des voix à gauche émettent des doutes sur sa réelle motivation.

Dans la 5e encore, la maire de Salazie Sidoleine Papaya appelle à voter Jean-Hugues Ratenon. Ainsi que les partis constitutifs et affiliés au Nouveau Front Populaire, PLR, PCR, EELV, etc. Dans deux ans, il faudra s’en souvenir. Un collectif de 71 artistes a signé ensemble que « lé ankor posib fé baraz par la lwa kont lo nasionalisme, lo fashisme, lo kolonialisme, lo rasisme èk loprésion lé an marsh, alors lo 7 ziyé 2024 alé voté : vote a gosh siouplé ! » Eux n’ont pas peur de perdre des clients. Et c’est tout à leur honneur.

PhN

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A propos de l'auteur

Philippe Nanpon | Journaliste

Déménageur, béqueur d'clé dans le bâtiment, chauffeur de presse, pompiste, clown publicitaire à roller, après avoir suivi des études d’agriculture, puis journaliste depuis un tiers de siècle, Philippe Nanpon est également épris de culture, d’écologie et de bonne humeur. Il a rejoint l’équipe de Parallèle Sud pour partager à la fois son regard sur La Réunion et son engagement pour une société plus juste et équitable.