La vague de l'intelligence artificielle a-t-elle tout pris ? Les capacités de concentration, les compétences, la sincérité des élèves envers leurs professeurs ? Comment ce métier auquel on colle instinctivement le mot "passion" a-t-il changé, à l'heure de l'IA ? Deux professeures nous partagent leur vision.
Nous venons de terminer une intervention d’éducation aux médias auprès d’une classe au lycée Ambroise Vollard quand la professeure de seconde, Anna Salmon, aborde le sujet. « Je ne leur donne plus rien à faire à la maison, ça ne sert à rien, ils utilisent l’IA. »
À l’heure où l’écrivain Thélyson Orélien est pris au cœur d’une polémique pour l’écriture de son roman C’était ça ou mourir, difficile de ne pas se dire que tout est touché. Tout pourra bientôt être remis en cause, jusqu’à l’écriture des écrivains.
« C’est la même chose pour le travail des élèves », explique Anna Salmon. Mais inexorablement, ils et elles utilisent l’intelligence artificielle dans leur vie quotidienne et, de fait, dans le cadre scolaire. Et si les élèves utilisent ces outils, qu’en est-il des professeurs ? Comment l’intelligence artificielle impacte-t-elle le rapport à l’apprentissage, à la scolarité, à la notation ? Quand il est possible de demander à ChatGPT de nous faire un résumé d’un livre, pourquoi donc le lire ? Pourquoi donc se donner la peine, prendre le temps de faire un travail, lorsqu’une solution, dans une grande majorité des cas accessible et gratuite, nous propose de le faire à notre place ? Comment le métier de professeur évolue-t-il à l’heure de l’IA ?


