Les élections municipales arrivent à grand pas et c’est le moment qu’a choisi le collectif ARTERE pour alerter sur l’urgence à mettre la gestion de l’eau au coeur des politiques publiques.
Depuis quelques semaines, des affiches sont apparues sur les panneaux d’affichage autorisés avec un code barre et un nom : ARTERE. Si on flash le code-barre, on arrive sur un communiqué de presse du collectif qui alerte sur la crise de l’eau et l’urgence pour La Réunion à agir.
Artere, une volonté d’agir collectivement
Le collectif Artère s’est formalisé sous ce nom il y a seulement deux mois mais le projet de collaboration remonte plus loin. Dès 2020, de nombreuses associations locales ont commencé à travailler ensemble notamment pour dénoncer des projets d’urbanisation qui étaient jugés obsolètes au vu des enjeux environnementaux sur l’île : Hotel à Manapany, projet du centre commercial de Casabona à Saint-Pierre, extension du bassin de Petite-île.
En mai 2025, plusieurs associations avaient par exemple déposer un Recours Péï pour faire de l’urgence climatique une véritable variable à prendre en compte dans la construction des schémas d’aménagement à l’échelle locale.
Parmi les organisations qui composent aujourd’hui le collectif, on peut citer Attac Réunion, la SEOR, Domoun La Plaine, Kol’air 974, le Komité Pangar et une vingtaine d’autres. Dans un communiqué de presse, le collectif rappelle que les « bouleversements climatiques au niveau mondial ont des effets jusqu’à La Réunion » citant des exemples concrets tels que l’augmentation des épisodes de sécheresse et des épisodes de pluie torrentielle.
Joint par téléphone, Christophe Barbarini, président de Solidarité Recours Péï et membre du collectif, alerte sur les choix actuels de modèle économique qui, « s’ils ne sont pas modifiés, entraineront un réchauffement climatique concret pour l’île avec une augmentation de 2°C projetée pour 2050 et +3°C pour 2100. »
L’eau, un enjeu vital pour La Réunion
Sur la question spécifique de la ressource en eau, le collectif rappelle que sur l’île, sa protection est un enjeu déjà bien réel alors que dès décembre 2025, 7 municipalités étaient placées en alerte renforcée, 5 en alerte et 12 en vigilance. Citant l’exemple des communes de l’Est, très touchées, il rappelle qu’à Saint-André, les coupures d’eau sont une réalité quasi quotidienne pour les habitants.
Quantité et qualité de la ressource hydrique sont toutes les deux en danger que ce soit au niveau local où seulement « 8% des cours réunionnais sont dans un bon état écologique » comme le souligne le communiqué mais aussi au niveau mondial avec un rapport récent de l’ONU qui parle de « faillite mondiale de l’eau. »
Sensibiliser candidats et élus à l’approche des élections municipales
Pour tenter de contrecarrer ces prévisions catastrophiques, le collectif entend donc sensibiliser et alerter l’opinion publique mais surtout, les élus et candidats aux municipales. Si la campagne d’affichage n’a pas forcément entrainé de retour direct, le collectif a entamé dès juin 2025 des sollicitations auprès d’élus en place ou de futurs candidat.es : « On a réussi à rencontrer quelques candidats et élus. On ne mesure pas encore s’il y a une réelle prise de conscience de leur part sur l’urgence à faire du climat une priorité. » explique encore Christophe Barbarini. Certains ont proposé des mesures : mesures sociales pour répartir équitablement l’eau en rendant les 10 premiers mètres cubes gratuits puis en facturant par paliers, replanter des arbres, rendre les sols plus perméables.
Pour continuer sur leur lancée, le collectif organise d’ailleurs le samedi 21 février dès 8h30 une conférence sur le sujet dans les locaux de Kolkol au Tampon. L’objectif est de vulgariser les données scientifiques sur la question de l’eau et la nécessité de l’adaptation au changement climatique.
Olivier Ceccaldi

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