[Musique] A Tuléar, une batucada pour sortir de la rue

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INVITÉES PAR OPUS POCUS, LES JEUNES MALGACHES ENFLAMMENT LA RÉUNION

Quatorze jeunes filles, autant de tambours et une belle énergie. Les spectateurs du festival Opus Pocus ont pu découvrir pendant quatre semaines les musiciennes de la Bloco Malagasy, issue d’un programme d’insertion pour les jeunes Malgaches de Tuléar.

Opus Pocus a vu son clap de fin sonner en début de semaine. Pendant les quatre semaines du festival, un groupe de jeunes musiciennes malgaches a accompagné chacun des concerts programmés. Ces jeunes filles âgées de 15 à 19 ans, regroupées en batucada, viennent de Tuléar où elles apprennent la vie via la pratique du tambour.

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Dimanche au traditionnel pique-nique de fin du festival Opus Pocus. (Photo PhN)

« Nous avons créé Bel Avenir pour protéger les jeunes de Tuléar des grossesses précoces, de la pauvreté, de la déscolarisation, de l’insécurité… », explique Jose-Luis Guirao, un Espagnol installé dans la Grande île depuis plus de vingt ans. Elles sont deux cents à travailler les percussions de la batucada, la samba brésilienne en formation défilé de carnaval, plusieurs fois par semaine dans l’ancien cinéma Le Tropic transformé en Centre Art et Musique. « Avec nous, elles se font des amies, elles ont un loisir. La seule contrepartie qu’on leur demande, c’est d’aller à l’école », poursuit le président de l’ONG. Le bac en poche, elle pourront trouver un travail décent.

Depuis 15 ans, génération après génération, l’orchestre – la Bloco Malagasy – sillonne le monde. Brésil, Europe, Afrique, les échanges permettent de « montrer les droits auxquels elles peuvent prétendre », souligne Jose-Luis Guirao. Ainsi que leur talent: elles frappent juste et fort, avec une joie et une énergie communicatives.

Planning de fous

Outre les ouvertures de chaque concert d’Opus Pocus, la Bloco Malagasy a visité nombre d’écoles, de collèges, de lycées après avoir fait tous les centres aérés de l’Ouest. Et ce programme chargé n’a pas entamé une énergie hors du commun. Logées à Bras-Panon chez un particulier, elles doivent décaler le matin de bonne heure afin de remplir toutes les obligations organisées par le correspondant local de Bel Avenir, l’association Eau de Coco. Deux rendez-vous avec des enfants d’ici, puis parfois un concert dans l’Ouest jusqu’à tard en soirée, avant de rentrer en direction de la côte au vent. « Un planning de fous », remarque Michel Du Peloux, le président réunionnais d’Eau de Coco qui a organisé la tournée. 

Philippe Nanpon

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A propos de l'auteur

Philippe Nanpon

Déménageur, béqueur d'clé dans le bâtiment, chauffeur de presse, pompiste, clown publicitaire à roller, après avoir suivi des études d’agriculture, puis journaliste depuis un tiers de siècle, Philippe Nanpon est également épris de culture, d’écologie et de bonne humeur. Il a rejoint l’équipe de Parallèle Sud pour partager à la fois son regard sur La Réunion et son engagement pour une société plus juste et équitable.

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