Quebec

Notre jeunesse exilée : Un aller simple pour le Québec

LIBRE EXPRESSION

Luniversité Maron organise deux conférences animées par Laura Bénard sur le thème de la jeunesse exilée au Québec. La première de ces conférences se tiendra ce samedi 6 août de 9h30 à 12h au Vieux Domaine, 76 chemin Recherchant, Ravine des Cabris et la seconde le vendredi 2 septembre de 18h à 20h à la médiathèque Auguste Lacaussade, 601, rue de la Gare, Saint-André.

Bonjour, voici un résumé de la conférence sur « la jeunesse exilée, un aller simple vers le Québec » que j’animerai ce samedi.

Je m’appelle Laura Bénard, Réunionnaise de 36 ans. j’ai vécu l’expérience d’étudiante et de salariée au Québec pendant 15 ans. Deux de mes trois filles y sont nées et ont la double nationalité.

Je suis de retour à La Réunion et mon diplôme d’éducatrice spécialisée avec des personnes autistes, n’est pas reconnu même si mes compétences sont appréciées.

​​​​J’anime, pendant le mois d’aôut,  un cycle de conférences à Lunivèrsité Maron pour partager mon expérience. Je serais accompagnée de ma fille Candyss, 17 ans qui exprimera son point de vue de jeune Réunionnaise qui a grandi à l’étranger, au Québec.

Voici mes quelques pistes de réflexion :

Les Réunionnais s’exilent depuis des années. Nous grandissons avec le rêve induit ou choisi de partir un jour. Cette idée émerge comme une évidence pour nombreux d’entre-nous, comme si nous n’avions pas d’autre choix, d’autres options. Rester à La Réunion pour y faire ses études et réussir sa vie n’est pas valorisé, c’est même tout à fait l’inverse : après tout, on nous rabâche depuis toujours qu’il n’y a pas de travail, que le taux de chômage est élevé, qu’il faut aller voir ailleurs pour grandir, évoluer, acquérir une ouverture d’esprit. La France métropolitaine ou le Québec seraient donc des eldorados ! 

Bien sûr partir n’est pas un problème et ne devrait pas être remis en question, c’est toujours formateur et cela reste une belle expérience à vivre. Il faudrait envisager sérieusement de faire une place aux Réunionnais, de leur donner envie de rester et de ne pas leur proposer systématiquement une solution d’immigration : 

  • Vous êtes Réunionnais, il devrait y avoir une place pour vous à La Réunion. Ne vous sentez pas obligés de partir, de quitter votre famille, votre environnement, vos racines si vous n’en ressentez pas l’envie et le besoin intrinsèque.
  • Les contribuables réunionnais/ français payent de leur poche pour que soient possibles et réalisables ces projets d’immigration au Québec. Comme les diplômes ne sont pas reconnus, beaucoup ne reviendront jamais, la Région paye, les citoyens français payent et ce sont les Québécois et la société québécoise qui profiteront de tous ces nouveaux diplômés et travailleurs.
  • Le problème n’est pas de partir, le problème est d’inciter les jeunes à partir en leur disant vous ne pourrez jamais revenir pour mettre en avant votre expérience et votre expertise professionnelle. Je trouve personnellement ceci d’une violence inouïe, mais comme c’est su, lu, compris, approuvé et dit de façon transparente, il semble que cette réalité convienne à tout le monde.

Laura Bénard

Chaque contribution publiée dans nos pages nous semble répondre aux critères élémentaires de respect des personnes et des communautés. Elle reflète l’opinion de son ou ses signataires mais pas forcément celle du comité de lecture de Parallèle Sud.

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