Plaidoyer pour un certificat de décès par les infirmiers

cimetière mort toussaint

LIBRE EXPRESSION

Le 10 octobre dernier, la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale a ajouté un amendement au projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2023, afin d’autoriser les infirmiers à signer les certificats de décès. Cet amendement prévoit une expérimentation dans trois régions. Le choix de La Réunion parmi ces trois régions est un réel enjeu.

En effet, si beaucoup sont réticents à cette autorisation, en pratique elle répond à une problématique demeurée sans réponse depuis des années. C’est le triste constat que je fais notamment dans le cadre de mon activité professionnelle.

Cette année, avec les autres services de la protection judiciaire, nous avons rencontré une difficulté à faire dresser un certificat médical pour un décès sur trois. Il y a peu de temps encore, une aide à domicile est restée toute la journée à « veiller le corps » en attendant qu’après insistance de nos services, un médecin la rejoigne pour dresser le certificat. Dans certaines situations, c’est tout un week-end que la famille a attendu. Au-delà du manque de médecins de garde, qu’ont déjà signalé plusieurs élus, beaucoup de Réunionnais n’ont pas de médecin traitant. Or, ce sont souvent eux qui sont sollicités pour dresser le certificat.

Pourtant pour chacune des situations rencontrées, il y avait un passage infirmier quotidien…

J’imagine que chaque région de France aura des élus pour défendre la peine de ses familles endeuillées. Mais, il me semble important de rappeler que plusieurs études mettent en avant les répercussions de la pauvreté sur la santé et les inégalités devant la mort. D’ailleurs, La Réunion, tristement reconnue comme une région où près de quatre personnes sur dix vivent sous le seuil de pauvreté, connaît un taux de risque de mortalité plus élevé qu’au national.

En ce sens, La Réunion mérite légitimement de faire partie des régions expérimentales. C’est donc à double titre, référente régionale de Génération Ecologie et directrice d’un service de mandataire judiciaire à la protection des personnes, que j’interpelle notre gouvernement à ce sujet.

Ruth Dijoux, Porte-parole départementale et Référente Sud de Génération Ecologie La Réunion

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