La SEOR (Société d’études ornithologiques de La Réunion) rappelle que jusqu’à 1 200 Pétrels de Barau pourraient être retrouvés échoués entre le 3 avril et le 3 mai prochain. Au cœur de cette période majeure de reproduction, le risque maximal d’échouage se situant en début de nuit, l’association appelle à privilégier l’extinction des éclairages dès 18 h 30 jusqu’à minuit.
Comme chaque année, nous nous apprêtons à entrer dans la période de reproduction du Pétrel de Barau. C’est une phase charnière pour cet oiseau marin endémique de La Réunion, aujourd’hui classé en danger d’extinction. Sur le massif du Piton des Neiges, les couples viendront pondre un unique œuf, comme tous les ans. Puis, durant la période d’avril à mai, les nouveau-nés prendront leur tout premier envol pour tenter de rejoindre l’océan. Or, cette fenêtre d’envol est très courte et se déroule en tout début de nuit. Si la marge de manœuvre est réduite pour les jeunes qui tenteront de voler de leurs propres ailes, la responsabilité humaine est, elle, lourde pour favoriser leur survie.
Une nouvelle lune qui accroît le risque d’échouage
Cette année, la SEOR rappelle que la nouvelle lune est proche du pic d’envol des jeunes Pétrels de Barau. « Cela signifie que beaucoup d’entre eux n’auront pas la lune pour les guider jusqu’à l’océan et seront particulièrement désorientés par nos éclairages. Cela laisse présager que 880 à 1 200 Pétrels devraient être retrouvés échoués du 3 avril au 3 mai 2026 », annonce l’association dans un communiqué. Un chiffre qui pourrait être largement dépassé, comme ce fut le cas en avril 2024, rappelle le centre, avec 1 351 Pétrels échoués au lieu des 830 attendus.
La problématique n’est pas nouvelle : les éclairages artificiels désorientent les jeunes, qui, pour certains, finissent échoués au sol. De là, ils ne peuvent plus repartir. L’intervention humaine devient alors leur seule chance de survie. L’année dernière, 628 jeunes Pétrels de Barau ont été récupérés et pris en charge par le réseau de sauvetage du centre de soins de la SEOR, entre le 2 avril et le 15 mai 2025. Pour éviter un désastre écologique lié, une fois encore, aux activités humaines, la SEOR mène une campagne intitulée « Les nuits sans lumières ».
Campagne « Les nuits sans lumières »
L’idée est simple : sensibiliser à la problématique des échouages de Pétrels et aux gestes à mettre en œuvre pour la limiter. La SEOR incite l’ensemble des gestionnaires d’éclairages extérieurs à réduire leurs installations, voire à procéder à une extinction totale durant le mois d’avril.
Deux périodes vont ainsi se succéder : « La période “rouge”, en début et en fin de période d’envol : il convient de limiter le plus possible les éclairages extérieurs en soirée. Les éclairages sportifs doivent être éteints autant que possible dès la tombée de la nuit. Et la période “noire” du 9 au 28 avril : cette période de 19 nuits est la plus critique, avec 92 % des échouages attendus. Durant cette période, les efforts de réduction des éclairages doivent être maximaux et intervenir dès 18 h 30 : extinction impérative des éclairages sportifs dès la tombée de la nuit, pas d’événements en soirée nécessitant des éclairages. »
Au sein de cette campagne de sensibilisation figure également le bon comportement à adopter en cas de rencontre avec un Pétrel de Barau échoué, comme en témoigne l’infographie ci-dessous.
Sarah Cortier





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