Dans un communiqué de presse publié mardi 16 juin, le SNJ a apporté son soutien et dénoncé le placement en garde à vue ce mercredi d’un journaliste et de la directrice de publication du média Guyaweb. Ils sont accusés d’avoir divulgué des informations permettant d’identifier un magistrat qui a été exfiltré dans un autre département. Pourtant, toutes les informations contenues dans les articles étaient publiques.
Le SNJ (Syndicat national des journalistes) s’inquiète d’une dérive inquiétante de l’autorité judiciaire après qu’un journaliste et sa directrice de publication ont été convoqués en garde à vue ce mercredi.
En cause ? Un article publié en mars 2024 sur le site internet d’information Guyaweb à propos de l’exfiltration vers l’hexagone d’un substitut du procureur ayant fait l’objet de menaces d’une faction criminelle brésilienne selon le SNJ. Il est reproché à Frédéric Farine, journaliste, et à Katia Leï-Sam, directrice de publication de Guyaweb, la « divulgation d’information personnelle permettant d’identifier ou de localiser une personne dépositaire de l’autorité publique et exposant à un risque direct d’atteinte à la personne et aux biens ».
Dans l’article mis en cause, la photo et le nom du magistrat étaient visibles. Pour autant, le SNJ rappelle que ces données personnelles étaient publiques puisque le magistrat avait participé à une commission d’enquête du Sénat sur le narcotrafic où il était filmé et nommé et dont l’enregistrement est disponible sur le site officiel du Sénat.
« Informer n’est pas un délit »
Le SNJ estime que ces gardes à vue s’apparentent à des procédures bâillon et exige la fin de celles-ci. Le syndicat dénonce par ailleurs « la mise à l’écart de Guyaweb de l’information judiciaire : il y a deux ans et demi, ce média a été retiré sans explication de la liste d’envoi des rôles des audiences de la cour d’appel de Cayenne, et a été “oublié” lors de la reprise de l’envoi des rôles du tribunal judiciaire ».


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