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Le tribunal administratif autorise l’extension du bassin de Grande-Anse

Le 18 mars 2025, le juge des référés du tribunal administratif avait suspendu les travaux d’extension du bassin de baignade de Grande-Anse. La semaine dernière, ce même tribunal a renversé la tendance dans son jugement sur le fond. Il rejette les requêtes dirigées contre l’autorisation environnementale et la déclaration d’utilité publique.

Rappelons que les requérants sont « l’Agence de recherche pour la biodiversité de la Réunion » (ARBRE), « Vivre activement pour garder un environnement sain» (VAGUES), « Le Taille-Vent », « Do Moun La Plaine », « Tran’Sphère Environnement », « Attac Réunion » et « Vie Océane » ainsi que Christophe Barbarini, citoyen qui porte les recours contre l’inaction publique face aux dangers du réchauffement climatique. 

Le maire de Petite-Ile, Serge Hoareau, s’est félicité de cette décision, précisant que les requérants sont condamnés à verser deux fois 2 000 € au titre des frais de justice engagés dans les deux procédures : contre l’autorisation environnementale et contre la déclaration d’utilité publique. « Le tribunal a considéré que les apports du projet — qui permettra aux enfants d’apprendre à nager, aux personnes à mobilité réduite de profiter de l’océan sur un territoire où il existe peu d’équipements inclusifs et à la collectivité de développer son attrait touristique — le rendaient d’utilité publique », commente Serge Hoareau.

Probable appel#

Le juge administratif a retenu que les mesures destinées à compenser la perte de récif corallien causée par les travaux d’enrochement (transplantation de ces récifs et création d’une large zone d’habitats favorables) étaient suffisantes pour s’assurer de l’absence de toute perte nette de biodiversité.

corail Grand-Anse (Greenpeace)
Greenpeace affirme que les travaux d’enrochements impliqueront la destruction directe de 114 m² de coraux parmi les 451 m² de coraux existants dans l’emprise du projet de bassin.

Par ailleurs, le jugement retient que le projet ne porte pas atteinte aux quatre espèces protégées identifiées, susceptibles d’être présentes sur le site, à savoir le lézard (ou gecko) vert de Manapany, la tortue verte, la baleine à bosse et le dauphin indopacifique. Ainsi, les travaux d’extension du bassin, qui avaient été suspendus par une ordonnance du juge des référés du 18 mars 2025, peuvent reprendre.

L’affaire n’est pas pour autant terminée. Les requérants sont en train de se mettre d’accord pour faire appel de la décision du tribunal administratif. « C’est un recul par rapport aux espoirs générés par la décision du juge des référés qui avait estimé que les mesures de compensations étaient insuffisantes pour assurer la régénération du corail », commente Christophe Barbarini.

Selon lui, les promoteurs n’ont toujours pas démontré la justesse de leurs mesures de compensations aux yeux des scientifiques qui se sont joints au recours. « Nous sommes dans le même temps judiciaire que les revirements actuels autour du projet de l’A69 en France, poursuit le militant écologiste. À Petite-Ile, le maire nous parle de l’apprentissage de la natation des enfants, mais il oublie de dire que cet aménagement touristique va provoquer une surfréquentation du site, peut-être la mise en place de parkings payants, l’attraction immobilière et la gentrification. Nous sommes face à une volonté de développement en décalage total avec la réalité sociale et climatique. »

Franck Cellier

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A propos de l'auteur

Franck Cellier

Journaliste d’investigation, Franck Cellier a passé trente ans de sa carrière au Quotidien de la Réunion après un court passage au journal Témoignages à ses débuts. Ses reportages l’ont amené dans l’ensemble des îles de l’océan Indien ainsi que dans tous les recoins de La Réunion. Il porte un regard critique et pointu sur la politique et la société réunionnaise. Très attaché à la liberté d’expression et à l’indépendance, il entend défendre avec force ces valeurs au sein d’un média engagé et solidaire, Parallèle Sud.

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