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Dans l’attente de la lave sur la RN2

Jeudi 12 mars, la lave dévale les grandes pentes du Grand Brûlé. Aux alentours de 13 heures, la coulée est à 300 mètres de la RN2. Toute La Réunion est au courant, le passage de la lave sur la route est imminent. Environ 3 km de route sont fermés aux voitures, et les places aux alentours des barrages se font rares. Pluie, marche, embouteillages et pas de passage de la lave, la plupart des spectateurs interrogés se disent déçus mais reviendront au moment venu.

Ils étaient venus par centaines pour observer la nature qui reprend ses droits dans la nuit du 12 au 13 mars. Après avoir dévalé les grandes pentes qui la séparent de la RN2, la lave ne s’était jamais autant rapprochée de la route depuis la coulée de 2007. Les spectateurs venus de toute l’île depuis le jeudi après-midi se disent déçus pour certains de ne pas avoir pu assister, malgré des heures d’attente, au passage de la lave sur la route. Les premières déceptions se font dès les parkings dans la soirée : « On est arrivés à 21 heures, là à 23 heures il pleut encore, donc on est dans la voiture depuis assez longtemps sans réseau. On reviendra demain avec notre fille », témoigne Arnaud, encore dans son véhicule dans l’attente d’un éclaircissement au-dessus de la mer.

Un peu plus loin, sur la portion de route fermée aux voitures, les frontales et flashs de téléphones défilent dans les deux sens. Patricia et Lise, venues de Saint-Denis, avouent sur leur retour à la voiture être à moitié frustrées face au trajet accompli : « Nous, on a eu deux heures de route à peu près, ça roulait pas bien, en arrivant sur la route des Laves on a passé pas mal de temps à chercher une place. On s’est pris la pluie sur les 30 minutes de marche à l’aller, et au retour aussi. Je vais pas dire qu’on en attendait beaucoup mais en tout cas un peu plus que ce qu’on a pu observer ce soir ».

Les quelques conquis par le spectacle observés sont ceux qui sont montés en altitude dans la nature (à leurs risques et périls), pour aller voir la lave qui se faisait désirer plus bas, comme Tao, parti avec trois copains à la recherche de chaleur volcanique. « On ne sait pas si c’était autorisé mais on vient de loin donc on est allés voir d’un peu plus près. C’était incroyable de voir la lave à quelques mètres, la voir enflammer les arbres sur son passage. Même si on l’a pas vue traverser la route on regrette pas d’être venus ».

Les autorités ont prévenu, les vols de drone sont interdits sur le site de la coulée pour « garantir la sécurité des opérations de surveillance et de secours aériens, des personnes présentes dans le secteur ». Dans le ciel, on observait les lumières vertes et rouges de plusieurs drones qui se relayaient en permanence. Lucas, qui a fait voler le sien, explique : « Je sais que c’était interdit mais c’est la seule fois où on peut avoir des images comme celles-ci. C’est inédit pour moi, en 2007 j’avais pas eu la chance de voir ça. En 30 minutes j’ai vu cinq personnes faire décoller le leur alors moi aussi. Je suis resté vigilant à ne pas percuter d’autres drones en regardant le mien dans les airs. En tout cas j’ai hâte de les revoir en rentrant chez moi ».

La lave est finalement passée ce vendredi matin à l’aube sur la RN2, émerveillant les courageux restés sur place pour attendre, et les nouveaux arrivants qui ont eu le flair de ne pas y aller la veille.

Etienne Satre

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A propos de l'auteur

Etienne Satre

Journaliste, Etienne Satre a rejoint l'équipe en janvier 2024 en tant qu'apprenti journaliste. Il étudie à l'Institut de l'image de l'océan indien (Iloi) basé au Port.

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