Ce mardi 9 juin, en fin de matinée, s’achevait une série de trois interventions réalisées par les équipes de Parallèle Sud auprès d’une classe de CM1 de l’école primaire Raymond-Mondon. Lier journalisme et découverte du milieu de l’art et de la culture : telle était l’idée de ce projet. Au programme: deux sorties sur le terrain, au Sakifo et à la rencontre de Ti Danyel
Alors, à l’approche du Sakifo, nous avons accompagné les 24 élèves de la classe de Jean-Yves Thierry visiter les coulisses de la préparation du festival. Nous sommes le jeudi 4 juin. Le soleil tape déjà fort sur le site, et tout le monde est à son poste. À la Ravine Blanche, les allers et retours se font, les techniciens se meuvent sur le site, l’un des ingénieurs se hisse le long des pylônes de la grande scène. De quoi impressionner les élèves, dont Léa : « Ça se sentait qu’il avait l’habitude de grimper aussi haut. Il avait l’air de ne pas avoir le vertige, il était agile. »
Visite des 6 scènes, 1100 travailleur.euses et 30 0000 festivalier.ères
L’un des bénévoles est chargé de faire la visite complète du site. En l’espace d’une heure, les 24 CM1 ont eu le temps de voir les six scènes, de visiter la régie et même de découvrir les loges des artistes. Théo remarque : « Cela m’a surpris de voir que les loges étaient à l’extérieur. » Zélie ajoute : « Je pensais qu’elles étaient plus grandes. » C’est aussi la taille de la grande scène qui impressionne. 300 m², ou l’équivalent de deux grandes maisons, ajoute Raphaël. De quoi accueillir 40 000 personnes sur l’entièreté du site, et pendant les trois jours de festival. Pour cette édition 2026, ce sont finalement 30 000 personnes qui ont passé les portiques.
Pour Zélie, le meilleur souvenir reste d’avoir vu le groupe Saodaj faire les balances, de le voir échanger avec les régisseurs son. Au total, entre 800 et 1 100 personnes, y compris les artistes, travaillent pour organiser chaque année le festival, depuis sa création, il y a 22 ans. Sur l’année pourtant, quinze personnes travaillent à temps plein. Achille s’étonne : « Il n’y a pas beaucoup de travailleurs, finalement. Je pensais qu’il y en avait une centaine. »


Ti Danyel, qui se cache derrière les pinceaux ?
Sur l’ensemble de la classe, deux des élèves se sont rendus à des concerts du Sakifo, comprenant aussi les concerts organisés par le IOMMa (Marché des musiques de l’océan Indien). Alors, en attendant peut-être le jour où ils paieront leur place pour assister aux concerts des artistes qu’ils veulent voir, ils repartent la tête pleine d’images que, finalement, peu de festivaliers verront un jour : l’envers du décor.

Quelques jours plus tard, l’exercice de l’interview continue. Cette fois, c’est face à l’artiste peintre Ti Danyel qu’ils se mettent dans la peau des journalistes. Comment ton amour pour la peinture a commencé, quelles sont tes influences, où as-tu appris à peindre, peux-tu en vivre ?
Les questions étaient minutieusement écrites à la main sur leurs feuilles, en amont. Alors, sur le moment, il s’agissait davantage d’avoir le courage de poser les questions haut et fort, en regardant l’artiste dans les yeux, et en prenant des notes. Par petits groupes, là encore, ils prennent l’interview au sérieux et restituent leurs informations en commun.

Pour l’instant, personne ne se précipite à lever la main à la question : « Parmi vous, qui voudrait être journaliste plus tard ? » Les métiers qui font rêver sont davantage youtubeur, vendeur de voitures ou chanteuse. Alors, il faudra être patient pour savoir si des vocations ont pu naître pendant ces trois jours…
Sarah Cortier


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